Nouvelle fantastique

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  • Publié le : 28 avril 2011
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J’avais acheté non loin de Versailles, une vaste propriété. L’entrée se faisait par un portail à demi rouillé et qui grinçait de façon abominable. Il était néanmoins finement ciselé tout comme la grille qui entourait le domaine. « Les herbes avaient fait irruption dans l’allée, à peine reconnaissable tant il y avait longtemps que le râteau ne s’y était pas promené ». Il en était de même pour lesarbustes qui croissaient négligemment de part et d’autre de l’allée. Quelques pauvres fleurs tentaient courageusement d’émerger de cet océan de broussailles qui menaçait de les engloutir, tandis que d’autres y avaient renoncé depuis fort longtemps.
Voilà ce que le notaire appelait le jardin.
« Outre toutes les jolies choses que nous venons de décrire », il y avait au bout de l’allée une grandebâtisse en pierres apparentes. La porte d’entrée menaçait de sortir de ses gonds à chaque bourrasque de vent qui faisait trembler la sombre demeure. Les volets pendouillaient lamentablement au-dessus des fenêtres dont certaines avaient des carreaux cassés.
L’aspect délabré de la vieille bâtisse et son jardin abandonné ne parvinrent pas à me dissuader d’acheter le domaine. Car, l’intérieur de lamaison était un véritable paradis de meubles anciens recouverts d’une épaisse couche de poussière. Des portraits de d’ancêtres me regardaient gravement tandis que je déambulais à travers des pièces toutes plus immenses et plus belles les unes que les autres. A l’étage, dans l’une des nombreuses chambres à coucher se trouvait une magnifique coiffeuse de marbre blanc. Le miroir qui la surplombaitétait d’une beauté incomparable avec sa bordure dorée aux multiples arabesques qui s’enroulaient gracieusement autour de celui-ci créant un décor d’une rare finesse. Contrairement aux autres objets de la maison, le miroir semblait avoir échappé à l’usure du temps. Pas une pellicule de poussière ne maculait la glace qu’aucune rayure ne venait zébrer. Toutes ces merveilles que j’avais découvertm’avaient ébloui et j’avais acheté le vaste domaine malgré la mise en garde du notaire sur le passé de cette mystérieuse demeure. L’ancienne propriétaire avait été retrouvé morte dans sa chambre. Cette mort inexplicable avait suffi pour que la propriété ne trouve pas d’acquéreur jusqu’à ce jour, le fantôme de la jeune femme hantant son ancienne maison selon les dires de certaines personnes du voisinage.La maison était restée en l’état et s’était endormie doucement sous la poussière. Tous ces mystères n’étaient pas parvenus à me faire changer d’avis, et, ravie d’être enfin chez moi, je m’accoutumais rapidement au silence qui régnait dans l’imposante bâtisse. Parmi les nombreuses chambres, j’avais choisi celle où reposait le miroir, la trouvant la plus magnifique de toutes de par cet objet précieuxqui l’habitait. Très coquette depuis toujours, il me sembla qu’il conviendrait parfaitement à l’usage que je lui réservais désormais. Chaque matin, je m’y contemplerais, admirant la beauté de mon visage fin et délicat. Quand, pour la première fois, je m’y regardai, je sursautai. Le reflet que me renvoya le miroir, me troubla car la femme qui me scrutait, même si elle suivait mes mouvements,n’était pas moi. Son visage lugubre et pâle comme la mort gardait les vestiges d’une beauté qui avait du faire chavirer de nombreux cœurs d’hommes. Elle avait une longue chevelure brune et de grands yeux saphir. Je me surpris à déceler une vague ressemblance entre nous, mais celle-ci n’était pas flagrante : un petit air crâne reproché maintes et maintes fois par ma mère qui détestait l’arrogance qu’ellecroyait parfois voir briller dans mes yeux et que je retrouvais dans ceux de l’inconnue du miroir. Cela me plut et détournant mes yeux de la glace je m’apprêtai à aller me coucher. Je fermai les fenêtres, tirai les rideaux, et m’allongeai sur mon lit. Quelques secondes plus tard, je dormais. Je fis, cette nuit là, un rêve singulier, si toute fois c’était un rêve. Le léger tintement d’un...
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