Ouvriers de rimbaud

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1186 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 2 décembre 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Travail d’explication d’auteurs français des XIXe et XXe siècles : Ouvriers de Rimbaud
     Dans ce texte en prose de quatre paragraphes, un couple d'ouvriers se promène dans une campagne suburbaine ravagée par les intempéries. L’instance énonciatrice, qui n’est autre que l’homme du couple, se livre à une description précise des vieux vêtements de sa compagneavant d’évoquer une sorte de réminiscence lyrique accompagnée d’un désir d’évasion utopique inspiré par le vent du sud et la chaleur de cette matinée d’hiver.
Le ton de ce texte relève de l’amertume, de la détermination, de la frustration, de la mélancolie, de la résolution, voire de la révolte que l’on retrouvera à travers tout le texte.
Si l’on se penche sur le titre du texte, on se rendcompte qu’il possède trois caractéristiques notables : la brièveté, l’ellipse de l’article et la marque du pluriel. Ainsi, il s’agit d’un substantif bref et direct dépourvu d’article, ce qui laisse à penser qu’il désigne une catégorie sociale. Enfin, on constate la marque du pluriel qui tend à conférer une valeur générique à la classe ouvrière. Ces trois caractéristiques offrent un aspect singuliervoire surprenant au titre.
D’emblée, la particule vocative « Ô » associée à une note lyrique se distingue par son caractère exceptionnel et son côté hyperbolique qui ne font que confirmer une connotation de surprise, d’étonnement. En effet, il est piquant de remarquer que cette particule précède le syntagme « cette chaude matinée d’hiver » qui n’a rien de lyrique en soi. Ainsi, cette touche delyrisme sera éphémère et fera vite place à un côté plus descriptif, voire prosaïque témoignant d’une alternance entre la description et l’interprétation personnelle. Cependant, la réapparition soudaine de cette particule vocative au milieu du dernier paragraphe dans le syntagme « Ô l’autre monde » va de pair avec une résurgence lyrique accompagnant l’évocation d’un endroit idéal. Ainsi, ces deux noteslyriques rompent avec l’aspect narratif du texte, trahissant une certaine incongruité que l’on retrouvera plus bas.
Il semble pertinent de s’arrêter un moment sur la phrase « Le Sud inopportun vint relever nos souvenirs d'indigents absurdes, notre jeune misère ». Tout d’abord, la polysémie du syntagme « Le Sud » ne peut être passée sous silence. En effet, cette évocation peut connaitre unedouble signification confirmée par la présence de la majuscule. Elle peut être considérée soit comme une synecdoque généralisante de l’expression « le vent du Sud », à valeur lyrique, soit comme une allusion à l’exotisme du Sud, à valeur quelque peu prosaïque. Ainsi, cette évocation, assimilée à un souffle exotique, offre une connotation de globalisation, de généralisation. Cette hésitation entre unevaleur lyrique et une valeur prosaïque s’explique par l’ambivalence du verbe « relever », véritable métaphore in absentia du verbe « révéler » dont la proximité phonétique est loin d’être négligeable. Ainsi, « Le Sud » relève et/ou révèle les « souvenirs » comme le vent soulève les feuilles. Cette ambivalence apporte une connotation de réveil stimulant au « Sud » lequel est l’élément déclencheurd’une réminiscence.
L’expression « les indigents absurdes » est une manière métonymique et, plus particulièrement, euphémisante de désigner les ouvriers et leurs conditions de vie, en insistant sur leur situation de pauvreté. Confirmant « les indigents absurdes », le syntagme « notre jeune misère » révèle une double métonymie accompagnée d’un léger chiasme grammatical : l’adjectif « jeune » renvoieau substantif « jeunesse » et le substantif « misère » renvoie à l’adjectif « misérable ». Cependant, le qualificatif « jeune » peut également illustrer l’aspect récent, neuf de la « misère », mot qui reflète une connotation de familiarité. Par conséquent, la fin de phrase « nos souvenirs d’indigents absurdes, notre jeune misère » n’est pas sans connoter et confirmer une amertume, une...
tracking img