Paysage dans la peinture flammande

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 8 (1915 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 12 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Avant-propos Avant toute chose, il est important de replacer très brièvement le cadre géographique et politique du XVIIème siècle au Pays Bas. A l'époque qui nous intéresse les Pays Bas sont scindés en deux. Le Nord des Pays Bas, organisé depuis 1581 en République des Provinces Unies ( ce qui demeure nommé les Pays Bas aujourd'hui) et le Sud, les Flandres, qui correspond à l'actuel Belgique. Dela même manière que l'on distingue deux ensembles géographiques, dans le domaine artistique, il existe une distinction entre la peinture hollandaise et la peinture flamande, classification que l'on retrouve dans cette salle. Naissance du paysage Il faut se rappeler que de l'Antiquité jusqu'au Moyen-Age, le paysage en tant que genre à part entière n'existait pas. Lorsque l'on parle de genre, celafait appel à la classification des genres qui fut mise en place à l'époque classique . Au sommet de la classification se situe la peinture d'histoire; elle comporte les scènes bibliques, mythologiques ou historiques (qui relatent les grands faits historiques d'un pays). Puis vient ensuite le portrait et enfin la scène de genre qui regroupe la nature morte et le paysage. Pourquoi le paysage n'a-t-ilpas été le sujet en lui même de tableau, de l'Antiquité au Moyen-Age? Nombres de traités du paysage expliquent que pour représenter le paysage, il faut en avoir conscience, sortir de la nature et ainsi se la représenter. Un exemple est frappant, il est commun de dire que ce que l'on ne peut nommer n'exista pas, à savoir que le terme « paysage » est apparu dans la langue française qu'en 1549. Cequi justifiait la présence de paysage en peinture était la nécessité d'équilibre et de cadre à la scène représentée. Dans d'autre cas la présence d'éléments naturels se justifiait par leur signification symbolique. C'est la « vedutta » c'est à dire, la fenêtre qui va permettre progressivement au paysage de devenir un genre autonome. Cette pratique fut en vogue pendant le Moyen- Age. On observe ainsidans l'œuvre, une fenêtre intérieur au tableau mais qui ouvre sur l'extérieur, cette dernière sépare ainsi deux espaces: le profane et le sacré. Le paysage observé par la fenêtre va progressivement s'organiser indépendamment des personnages qui occupent le 1er plan. L'invention du paysage suppose la réunion de ses deux conditions: d'une part la laïcisation des éléments naturels, et d'autre partque les éléments naturels s'organisent eux mêmes en un groupe autonome.

Illustration 1: La madone à l'écran d'osier, Robert Campin, vers 1420-1425

Illustration 2: La Vierge au chancelier Rolin, Jan Van Eyck, vers 1433.

Illustration 3: détail

Le paysage est donc rentrer en peinture par la petite porte, ou plutôt par la « petite fenêtre » . Malgré tout la représentation du paysagejusqu'au 16ème siècle nécessite un prétexte souvent religieux et peine à être considéré comme un genre à par entière. Joachim Patinir, peintre flamand, illustre bien ce fait (le prétexte religieux). On a coutume de dire qui l'est l'un des premiers peintres de paysage. Hors sa réelle originalité découle de sa spécialisation sans précédent dans l'histoire de l'art, puisque toutes ses œuvres sont certesdes scènes religieuses mais insérées, et même quelques fois perdues dans de grand paysage à l'exemple de l'œuvre Paysage avec la fuite en Égypte , datée du début du XVIème siècle. Cette représentation conserve les caractéristiques de la fenêtre, avec la même vue à vol d'oiseau, le même découpage de l'espace en 3 plans (convention des trois tons), ainsi qu'une absence de dégradé (tout est représentéavec la même minutie et luminosité.). Il s'agirait presque d'une fenêtre dont on aurait agrandie la dimension pour qu'elle devienne le sujet seul du tableau.

Au final le paysage qui va s'imposer dans le regard du XVIème siècle, c'est celui de la campagne (ce que nous allons voir dans cette salle), un paysage sage, voisin de la ville, valorisé et apprivoisé par des décennies de peinture...
tracking img