Petits, puissants, mais fragiles

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  • Publié le : 15 mai 2011
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Même la CGT y vient ; à partir de lundi, lors du 48e congrès de son organisation à Lille, Bernard Thibault va se battre pour une ligne «évolutive», contre son successeur à la tête de la puissante fédération des cheminots, Didier Le Reste, qui défendra pour sa part la ligne «contestation tous azimuts, via le rapport de force». On ne sait encore qui l'emportera, mais ce qui paraît certain, c'estque tous les syndicats (sauf FO, unanimement braquée sur la défense aveugle des «droits acquis» de ses adhérents fonctionnaires) connaissent actuellement le même genre de débat. Parce qu'ils mesurent très bien - parfois mieux que les ministres - la gravité de la situation économique, mais surtout parce qu'ils sont eux-mêmes condamnés à se rénover s'ils ne veulent pas être laminés par les«autonomes», ou par l'épuisement de leurs ressources financières. Etat des lieux de leurs forces, de leurs faiblesses, et des enjeux auxquels ils sont aujourd'hui confrontés.
Combien de syndiqués ?
La France a le plus bas taux de syndicalisation de tous les pays industrialisés : 8,2%... retraités compris, sachant qu'ils représentent plus de 25% des effectifs. Une chute sévère, car le taux desyndicalisation était encore en France de 35% en 1949, de 22% au milieu des années 60, de 17% au début des années 80, et de 12% à la fin.
En 2003, un sondage réalisé par l'Insee recensait en tout cas moins de 2 millions de syndiqués, dont plus de la moitié dans la fonction publique (qui ne représente que 22% des emplois, 30% au sens «large»), répartis comme suit :
- 15,1% dans les trois fonctions publiques(d'Etat, hospitalière et territoriale, regroupant cinq millions de fonctionnaires).
- 15,6% dans les entreprises publiques et la Sécurité Sociale (un million de salariés d'une part, et 180 000 de l'autre).
- 5,2% dans les entreprises privées (quinze millions de salariés).
Deux comparaisons permettent en outre de mieux comprendre ces chiffres :
La «norme européenne» pour les taux desyndicalisation dans les années 90 était de 50% dans le secteur public et de 25% dans le secteur privé.
Sachant que l'adhésion à un syndicat est quasiment obligatoire dans certains pays, ou très encouragée par les avantages qu'elle entraîne (couverture médicale, retraite, crédits immobiliers, aide juridique, tarifs préférentiels, séjours promotionnels, allocations chômage, etc.), les taux desyndicalisation dans les principaux pays industrialisés s'établissaient en 2001 comme suit :
- Espagne : 14%
- Etats-Unis : 17%
- Pays-Bas : 27%
- Allemagne : 28%
- Royaume-Uni : 31%
- Belgique : 69%
- Suède : 82%
- Danemark : 88%
Combien d'adhérents par syndicat ?
Tous les syndicats français surestiment leurs effectifs, et certains vont même jusqu'à le reconnaître («Je ne mens pas plus que lesautres, je mens autant», avait rétorqué Marc Blondel, FO, en 1990, à un enquêteur qui refusait de croire au million d'adhérents qu'il déclarait alors). Tous comptent aussi les retraités, ainsi que les adhérents qui ne sont que très partiellement à jour de leurs cotisations (dont le niveau - 1% du salaire - est pourtant le plus faible d'Europe). Compte tenu de toutes ces restrictions, voici leschiffres que chacun d'entre eux déclare :
CGT : 663 000 adhérents en 2001 (2,3 millions en 1975), 701 000 en 2005. Audience (résultats cumulés des prud'homales dans le privé et des élections aux CAP dans les 3 fonctions pu-bliques) : 29,2%.
CFDT : 865 500 en 2001 (539 000 en 1989), 818 000 en 2005. Audience : 23%.
FO : 800 000 en 2005 (dont une énorme proportion de retraités, estimés à près de 500000). Audience : 17,9%.
CFTC : 125 000 en 2000, 132 000 en 2005. Audience 7,7%.
CGC : 200 500 en 2000 (avec cette utile, honnête et rare précision : «140 000 sur la base d'une adhésion complète»... Sachant que l'adhésion est considérée comme «complète» à partir de six mois de cotisations réglés sur douze), 135 000 en 2005. Audience : 5,5%.
Autres syndicats, considérés par la loi comme «non...
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