Peut - on douter de tout ?

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  • Publié le : 27 avril 2011
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Il nous arrive souvent de douter de la vérité d’une information ou de l’efficacité d’un produit miracle vanté dans une publicité. Parfois aussi, on se met à douter d’une personne en qui on avait mis sa confiance. Mais qu’advient-il lorsque ce doute s’étend sur tout, lorsque que l'on est méfiant de tout ? Un tel doute n’est-il pas déraisonnable ?
Douter, c’est remettre en question, considérercomme incertain, refuser de tenir quelque chose pour absolument vrai. Le doute s’oppose à la certitude, nous ne pouvons nous dire certain de quelque chose qu’à condition de l'avoir soumis au test du doute. On comprend alors pourquoi la question de douter de tout peut se poser : parce que la connaissance véritable ne peut se contenter de vérités incertaines. Mais une telle épreuve est-elle seulementpossible ? Car comment vivre, si l'on doute de tout?
I). L’épreuve du doute
1) est le seul moyen de rechercher la certitude
Alors, comment départager nos vraies connaissances, bien fondées et certaines, de simples opinions ? Il faut soumettre l’ensemble des prétendues « connaissances » à un test critique : si elles sont certaines, elles seront indubitables.
D’où le projet de Descartes : il vasoumettre au test du doute l’ensemble de ce qu’il croit savoir, et rejeter non seulement comme probable, mais même comme faux (par excès de prudence, pourrait-on dire), tout ce en quoi il voit ne serait-ce que la plus petite raison de douter. Ce qui résistera au doute, il pourra alors à bon droit le tenir pour absolument certain.

→ Bilan-transition : Afin de s’assurer du bien-fondé de nosconnaissances, nous les avons soumises au doute : mais une fois ouverte la porte du doute, il semble bien difficile de la refermer. Le doute engloutit tout, et il nous semble que rien, en définitive, ne puisse être tenu pour certain. Faut-il alors plonger dans le scepticisme, cette thèse qui affirme que la connaissance certaine est inaccessible, et que rien ne peut jamais être affirmé ? Ou bien est-ilpossible de sortir du doute, de lui poser des limites ?

II). Il y a cependant des limites théoriques et pratiques à cette entreprise de doute radical.

1). Il y a d’abord une limite théorique au doute : il n’est pas logiquement possible de douter de tout, puisqu’il y a au moins une certitude absolue, indubitable : celle de l’existence de ma pensée
Attention il ne suffit pas de mentionner le« cogito » avec un argument d’autorité (du type « Descartes a montré que « je pense donc je suis » donc on ne peut pas douter de tout ») : il faut le justifier. Pourquoi « je pense donc je suis » est-il une certitude absolue ? Parce qu’il ne peut pas logiquement être faux que je pense, au moment où je crois penser : penser quelque chose à tort, c’est toujours penser. Autre façon de le dire : mêmesi un Malin Génie me trompe, je suis au moins cet être qui se trompe, qui croit des choses.
On peut pour l’instant se contenter de constater que le doute, en tant qu’activité de la pensée, suppose toujours un indubitable (l’existence de cette pensée, de ce doute). Il y a toujours quelque chose qui reste en dehors du doute : dire « je doute de tout », prétendre que l’on doute de la vérité detoutes les propositions, c’est quand même affirmer (ne pas douter) la vérité d’une proposition, celle qui dit que je doute de tout. Ainsi, pour Descartes, un scepticisme absolu est absurde : je ne doute pas que je doute.

2a). Limites pratiques
Autant il est nécessaire de soumettre au doute nos connaissances (domaine théorique), dès lors que la certitude est la seule chose qui puisse fonder notresavoir, autant il semble absurde et peu souhaitable de soumettre à un doute radical les principes d’après lesquels nous agissons (domaine pratique). En effet, celui qui douterait de tout, et qui exigerait une certitude absolue avant que de se décider à choisir, ne pourrait tout bonnement rien faire. Le doute total rend l’action impossible → notion d’irrésolution (le plus grand danger pour...
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