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  • Publié le : 17 décembre 2011
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Txt Dawkins, corrigé.

Introduction

La raison humaine peut-elle tout connaître ? La science est souvent présentée aujourd’hui comme la discipline présentant les garanties de fiabilité les plus grandes dans la recherche de la vérité. Mais la science n’a-t-elle pas des limites ? Les questions métaphysiques et existentielles, portant sur un éventuel « au-delà » de la nature visible permettantde donner sens à l'univers et à la vie humaine, ne demeurent-elles pas l’apanage de la religion? Dans le présent texte, tout l’effort de Dawkins, biologiste britannique contemporain, consiste à défendre la science contre ce type de critique : ses soi-disant limites n’en sont peut-être pas, car non seulement les croyances religieuses ne constituent pas des réponses rationnelles aux questionsmétaphysiques, mais les questions mêmes auxquelles elles prétendent répondre sont peut-être tout bonnement aberrantes dans leur formulation même. Ce n’est évidemment pas une faiblesse que de ne pas pouvoir répondre à une question « dépourvue de sens ».
Afin d’étayer sa thèse, l’auteur commence par avancer une explication profane, présentée comme scientifique, de l’origine des croyances religieuses :les hommes auraient spontanément tendance à détecter, à tort, des intentions cachées derrière certains phénomènes naturels présentant à leurs yeux une certaine importance. Il montre ensuite que cette tendance, manifeste dans les mentalités des tribus dites “primitives”, reste présente chez le croyant moderne : les “grandes” questions métaphysiques auxquelles les “grandes” religions prétendentrépondre auraient des racines psychologiques similaires. Cette argumentation permet à l’auteur de conclure que la capacité autoproclamée des religions à répondre aux interrogations métaphysiques des hommes ne prouve en rien leur supériorité sur la science, car il leur faudrait prouver d’abord que ces interrogations sont objectivement pertinentes, et pas seulement subjectivement ressenties comme telles.Dans la mesure où elles sont spéculatives, et peut-être même saugrenues, la science peut revendiquer à juste titre la préséance qu’elle a si durement conquise au cours des derniers siècles.

Explications

L’homme est sans doute un être naturellement curieux, en quête d’explications, de réponses. Mais il n’est pas spontanément curieux de tout – des questions d’un certain genre le taraudentdavantage que d’autres, et lui paraissent spontanément plus pertinentes. Selon Dawkins, le questionnement intuitif de l’homme serait un questionnement de type finaliste/intentionnaliste : face aux phénomènes, il est enclin à se demander « pourquoi » ils arrivent, ou plus précisément « pour-quoi » (faire), et Dawkins s’efforce d’expliquer cette tendance : pourquoi l’homme a-t-il tendance à se demander“pour-quoi” les choses arrivent ? Qu’est-ce qui fait qu’il recherche plus volontiers des raisons ou des intentions (psychologiques) que des causes (simplement physiques/matérielles) à l’œuvre dans la nature? L’explication résiderait dans la pente anthropomorphique naturelle de l’esprit humain l’amenant à humaniser inconsciemment les phénomènes non humains : l’homme, animal social, passe le plusclair de son temps à interpréter les expressions, les comportements et les paroles de ses semblables. Animal technicien, il vit en outre entouré d’artefacts qui sont son propre ouvrage, d’objets donc dotés d’une certaine fonction, qui ont un certain but. Il serait donc enclin à étendre à la nature entière sa tendance herméneutique première, enclin à y rechercher une signification, une intentionplus ou moins cachées, surtout lorsque les phénomènes naturels lui sont particulièrement favorables ou défavorables. Il est alors incapable d’y voir une simple coïncidence, et comme il détecte à longueur de temps des intentions bienveillantes ou malveillantes dans les actions de ses semblables et dans les artefacts qu’ils ont produits, il en vient à considérer les phénomènes naturels utiles ou...
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