Poemes pour anthologie de l'amour

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l’amour figure bien au centre des préoccupations poétiques
Charles d' ORLEANS (1394-1465)Recueil : Rondeaux
Ma seule amour...
Ma seule amour, ma joye et ma maistresse,Puisqu'il me fault loing de vous demorer,Je n'ay plus riens, à me reconforter,Qu'un souvenir pour retenir lyesse.En allegant, par Espoir, ma destresse,Me couvendra le temps ainsi passer,Ma seule amour, ma joye et mamaistresse,Puisqu'il me fault loing de vous demorer.Car mon las cueur, bien garny de tristesse,S'en est voulu avecques vous aler,Ne je ne puis jamais le recouvrer,Jusques verray vostre belle jeunesse,Ma seule amour, ma joye et ma maistresse.

Clément MAROT (1497-1544)Recueil : L'Adolescence clémentine
Du mal content d'amour
D'être amoureux n'ai plus intention,C'est maintenant ma moindre affection,Carcelle-là, de qui je cuidais êtreLe bien-aimé, m'a bien fait apparaîtreQu'au fait d'amour n'y a que fiction.Je la pensais sans imperfection,Mais d'autre ami a pris possession :Et pour ce, plus ne me veux entremettreD'être amoureux.Au temps présent par toute nationLes dames sont comme un petit scion,Qui toujours ploie à dextre et à senestre.Bref, les plus fins ne s'y savent connaître :Parquoi conclusque c'est abusionD'être amoureux.

Pierre de RONSARD (1524-1585)Recueil : Second livre des Amours

AmouretteOr que l'hiver roidit la glace épaisse,Réchauffons-nous, ma gentille maîtresse,Non accroupis près le foyer cendreux,Mais aux plaisirs des combats amoureux.Assisons-nous sur cette molle couche.Sus ! baisez-moi, tendez-moi votre bouche,Pressez mon col de vos bras dépliés,Et maintenant votremère oubliez.Que de la dent votre tétin je morde,Que vos cheveux fil à fil je détorde.Il ne faut point, en si folâtres jeux,Comme au dimanche arranger ses cheveux.Approchez donc, tournez-moi votre joue.Vous rougissez ? il faut que je me joue.Vous souriez : avez-vous . point ouïQuelque doux mot qui vous ait réjoui ?Je vous disais que la main j'allais mettreSur votre sein : le voulez-vous permettre?Ne fuyez pas sans parler : je vois bienA vos regards que vous le voulez bien.Je vous connais en voyant votre mine.Je jure Amour que vous êtes si fine,Que pour mourir, de bouche ne diriezQu'on vous baisât, bien que le désiriez ;Car toute fille, encor' qu'elle ait envieDu jeu d'aimer, désire être ravie.Témoin en est Hélène, qui suivitD'un franc vouloir Pâris, qui la ravit.Je veux user d'une doucemain-forte.Hà ! vous tombez, vous faites jà la morte.Hà ! quel plaisir dans le coeur je reçois !Sans vous baiser, vous moqueriez de moiEn votre lit, quand vous seriez seulette.Or sus ! c'est fait, ma gentille brunette.Recommençons afin que nos beaux ansSoient réchauffés de combats si plaisants.

« Stances Galantes » Un poème de Molière (1622-1673), extrait desŒuvres complètes.

Souffrezqu'amour cette nuit vous réveille ; Par mes soupirs laissez-vous enflammer ; Vous dormez trop, adorable merveille, Car c'est dormir que de ne point aimer.Ne craignez rien ; dans l'amoureux empire Le mal n'est pas si grand que l'on le fait Et, lorsqu'on aime et que le coeur soupire, Son propre mal souvent le satisfait.Le mal d'aimer, c'est de vouloir le taire :Pour l'éviter, parlez en ma faveur. Amourle veut, n'en faites point mystère. Mais vous tremblez, et ce dieu vous fait peur !Peut-on souffrir une plus douce peine ? Peut-on subir une plus douce loi ? Qu'étant des coeurs la douce souveraine, Dessus le vôtre amour agisse en roi ;Rendez-vous donc, ô divine Amarante ! Soumettez-vous aux volontés d'Amour ; Aimez pendant que vous êtes charmante,Car le temps passe et n'a point de retour. |Adélaïde DUFRÉNOY   (1765-1825)

L'amourPasser ses jours à désirer,Sans trop savoir ce qu'on désire ; Au même instant rire et pleurer, Sans raison de pleurer et sans raison de rire ; Redouter le matin et le soir souhaiter D'avoir toujours droit de se plaindre,Craindre quand on doit se flatter, Et se flatter quand on doit craindre ; Adorer, haïr son tourment ; À la fois s'effrayer, se jouer...
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