Politique de relance

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La politique de relance, facteur de concurrence ?
Laurent BENZONI
Ateliers de la Concurrence - DGCCRF
« Le droit de la concurrence à l’épreuve de la crise économique »

27 avril 2009

TERA Consultants
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Lapolitique de relance, facteur de concurrence ?
Laurent Benzoni Professeur d’économie à l’université Paris 2 et TERA Consultants Présentation aux Ateliers de la Concurrence « Le droit de la concurrence à l’épreuve de la crise économique » 27 avril 2009

La politique de relance, est-elle un facteur de concurrence ? La réponse à cette question s’inscrira dans le prolongement de ce qui vient d’être exposépar Madame Montalcino sur le plan juridique, mais le point de vue de l’analyse économique sera privilégié, en essayant d’esquisser des pistes d’analyse et de réflexion, concernant un cadre qui pourrait être applicable par les autorités de concurrence en période de crise. Dans les circonstances macroéconomiques exceptionnelles que traverse l’économie mondiale depuis dix-huit mois, les mécanismesessentiellement microéconomiques de la politique de la concurrence ont, à plusieurs reprises, été soupçonnés de gêner, voire de heurter la mise en œuvre de certains pans de la politique macroéconomique, notamment les plans de refinancement des banques ou les actions destinées à lutter contre la récession dans l’économie « réelle ». Ainsi, les soutiens ciblés sur certains secteurs ou certainesentreprises particulières a logiquement enclenché, au niveau européen, des procédures de compatibilité avec les régimes d’aides d’État. Cette logique « technocratique » a été interprétée par d’aucuns comme une forme d’entrave à la liberté d’action économique des gouvernements dans une situation exceptionnelle qui appelle donc des dispositifs qui le sont tout autant La vision qui sera exposée ici sedémarque fondamentalement de ce débat. Il ne s’agit pas d’appréhender si la politique de la concurrence constitue une entrave à la politique de relance économique, mais bien au contraire, de se demander si la politique de relance constitue un facteur de concurrence. Pour traiter cette question, il convient sans doute de rappeler en préambule quelques mécanismes à l’origine de la crise actuelle, afinde resituer la logique des remèdes qu’elle suscite et les éventuels effets induits de ces remèdes sur

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les processus concurrentiels. Ce sont ces effets induits qui nous intéressent ici au premier chef.

Cette crise est, one le sait, d’origine financière, plus précisément, la crise de surendettement des ménages américains (crise des « subprimes ») enconstitue de l’avis commun le facteur déclenchant. La crise des « subprimes » s’est propagée à l’ensemble du système financier et bancaire américain puis mondial. Une crise systémique a, pour l’heure, été évitée. Mais lorsque les mécanismes de financement de l’économie sont gravement perturbés, la crise financière à tôt fait d’affecter l’économie dite « réelle », les entreprises productrices de biens etde services, et d’enclencher rapidement une crise de l’ensemble du système productif mondial. Comme pour toute crise financière, les déséquilibres ont pu prospérer du fait de comportements aveugles et mimétiques des agents économiques qui ont voulu croire jusqu’au bout que le marché saurait s’autoréguler. Ainsi, l’éditorial du Flash Marché n° 110 de la banque Natixis, du 22 mars 2007, titraitsous la plume de Patrick Artus : « Les marchés financiers croient n’importe quoi ». Qu‘expose cet éditorial ? « Les corrections successives des marchés d’actions en février, mars 2007, sont liées à une série de craintes, la liquidité va se raréfier, il peut y avoir une récession aux États-Unis, la profitabilité va se retourner à la baisse, l’économie chinoise va ralentir, la crise du crédit...
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