Politique & religion islam

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1517 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 26 mars 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Religion et Politique en Islam
Depuis l’antiquité, la religion et la politique font débat. Et à toutes les époques, elles se sont combattues, l’une excluant l’autre. Antigone s’oppose à son oncle Créon pour offrir une sépulture à son frère au nom de la loi des dieux qu’elle considère comme supérieur à celle des hommes malgré la sentence de mort qu’elle encourait.

La religion et la politiquesont, en vérité, des frères jumeaux ennemis comme l’étaient, selon le récit biblique, Jacob et Esaü. Et quand religion et politique se sont conciliées ce fut encore pire y compris en terre musulmane. Le refus du baptême était considéré par la première croisade comme une insulte à Dieu. Le pape Innocent III lance l’idée de « croisades politiques » que ses successeurs ont reprise. Lors du siège deBéziers par les croisés en juillet 1209 pour chasser les cathares hérétiques que leurs concitoyens catholiques avaient refusé de livrer, le légat du pape, Arnaud Amaury, avait donné cette ordre terrible : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. »
Pourtant, lorsque les religions ont été révélées, elles sont apparues comme révolutionnaires pour le temps, je veux dire l’ordre temporel. Moïseaffronte Pharaon pour libérer le peuple juif de la persécution et de l’injustice pour fonder un royaume au nom du Dieu d’Abraham. Jésus christ annonçait le règne de Dieu qui inscrit la fin de la politique. Raison pour laquelle l’enseignement de Jésus ne contient aucune doctrine politique. Le message christique est dévoyé quand l’église catholique s’empare des structures de la Rome impériale. L’islama, lui aussi, connu les schismes et les affrontements politico-religieux après l’assassinat en 656 du 3ème calife, Othmane. Et l’apparition à la suite de la bataille de « Siffin » (a-saffin, les deux groupes, les deux clans) en 661 du chiisme (chia-t Ali, les partisans de Ali) qui, au départ, est l’expression d’un mouvement politique et du kharijisme (les sortants) intransigeants sur le planpolitique et rigoriste sur le plan morale, qui donnèrent naissance à une multitude de sectes et de groupes religieux hérétiques dont Shahrastani a parlé dans son fameux livre « Des religions et des sectes » (Kitab Al Milal Wa A-Nihal). L’historien français Henri Laoust a traité le même sujet dans son gros opuscule « Les schismes en islam ». Sous la dynastie des Abasside, la revendication chiite necessa pas de s’exprimer y compris par les moyens des armes. El Ma’moun tenta de les rallier en proclamant un descendant de Ali comme héritier du califat. Il adopta le mutazilisme comme doctrine officielle. Tout le monde sait que le mutazilisme s’oppose au sunnisme et professe la raison comme source de la connaissance religieuse. Le califat abasside est alors en voie de disparition quand lesSeldjoukides interviennent en 1055 pour rétablir le sunnisme. Et en 1258, les Mongols interviennent à leur tour, saccagent Bagdad et tuent El Motassim bi Allah, le dernier calife. Nous n’allons pas rentrer, ici, dans cette histoire complexe. J’ai fait une simple évocation d’événements historiques pour dire que les musulmans n’ont pas échappé, hélas, à ce problème de la religion et de la politique. Maisest-ce que cela veut dire pour autant qu’il faut absolument une césure, une rupture, une séparation entre les idées religieuses et les idées politiques qui souvent se recoupent et s’assimilent dans de très nombreux domaines notamment sur la question du droit ?
En effet, alors que, contrairement au christianisme et au judaïsme dans une certaine mesure, l’islam a, de mon point de vue, l’avantage de nepoint avoir de clergé, de pouvoir religieux constitué, les musulmans sont en train au fil du temps de faire de cette chance un handicap ? Séparer en islam ce qui appartient au religieux et ce qui appartiendrait au politique est une gageure que je ne soutiendrais pas pour une raison très simple c’est qu’en islam, à la différence du christianisme, il y a la Loi. C’est me semble-t-il la thèse...
tracking img