Portrait de la femme

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  • Publié le : 12 décembre 2010
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« Chanson d’après-midi » de Charles Baudelaire
Ce poème se présente donc comme une sorte de portrait quelque peu atypique dans sa forme, d'une femme sensuelle et charmeuse
Si la sensualité est l'une des caractéristiques évidentes de cette femme, on constate cependant qu'elle est loin d'être la douce maîtresse prête à tout pour le plaisir de son amant. L'étude de son portrait révèleune ambiguïté étrange et menaçante
Cette femme étrange semble pourtant fasciner totalement le poète et incarner paradoxalement l'idéal qui le comble et le sauve
Résumé du commentaire de texte
Dans l’œuvre de Baudelaire, Les Fleurs du mal, publiée pour la première fois en 1857, l’évocation de l’idéal, de la quête du beau, alterne souvent avec celle d’une mélancolie à laquelle le poète donnera lenom de « spleen ». Si au fil de la partie justement intitulée « Spleen et Idéal », le spleen semble finalement devoir l’emporter, c’est cependant à une forme d’idéal que se rapporte le poème « Chanson d’après-midi ».

Le poète y évoque une femme ambiguë, une maîtresse sensuelle, peut-être Jeanne Duval, peut-être une autre, sous la forme d’un portrait élogieux qui nous éclaire donc sur l’un desmoyens d’atteindre cet idéal auquel il aspire. En effet, la femme est souvent chez Baudelaire l’une des facettes positives du monde, l’un des moyens d’accéder à la beauté et au plaisir. Nous nous intéresserons donc aux caractéristiques de cette femme pour tenter d’appréhender cette notion complexe qu’est l’Idéal.
Plus d’extraits de « Chanson d’après-midi » de Charles Baudelaire
[...] Les heurespassées en sa compagnie semblent être autant de moments où le poète échappe au spleen qui le guette. Concentré de la femme baudelairienne, cette inconnue fait écho aux autres figures féminines qui parcourent les Fleurs du mal, mais ici le côté fatal est gommé au profit d’une relation salvatrice qu’on ne retrouve ni dans le « Poison », ni dans le « Vampire ». C’est d’ailleurs plutôt vers despoèmes tels que « la chevelure » qu’il faut se tourner pour retrouver le plaisir sensuel du poète. [...]
[...] b) L’ambivalence : On retrouve de nombreuses antithèses ou associations ambivalentes dans le texte. Sorcière/nymphe ; morsure/baiser ; déchires, rire moqueur/œil doux(+structure strophe 8 alternances des états) ; frivole/sérieuse Cette femme possède des états d’esprit différents, distille lechaud et le froid pour mieux dominer, difficile à cerner, capable de tout. Le poète est comme un jouet entre ses mains. III. Cette femme étrange semble pourtant fasciner totalement le poète et incarner paradoxalement l’idéal qui le comble et le sauve a) Le « bonheur » du poète : Dans les 2 premières strophes , une concession, un paradoxe : défaut/amour . [...] Chanson d'après-midi - CharlesBaudelaire
Chanson d'après-midi

Quoique tes sourcils méchants
Te donnent un air étrange
Qui n'est pas celui d'un ange,
Sorcière aux yeux alléchants,

Je t'adore, ô ma frivole,
Ma terrible passion !
Avec la dévotion
Du prêtre pour son idole.

Le désert et la forêt
Embaument tes tresses rudes,
Ta tête a les attitudes
De l'énigme et du secret.

Sur ta chair le parfum rôdeComme autour d'un encensoir ;
Tu charmes comme le soir,
Nymphe ténébreuse et chaude.

Ah ! Les philtres les plus forts
Ne valent pas ta paresse,
Et tu connais la caresse
Qui fait revivre les morts !

Tes hanches sont amoureuses
De ton dos et de tes seins,
Et tu ravis les coussins
Par tes poses langoureuses.

Quelquefois, pour apaiser
Ta rage mystérieuse,
Tu prodigues,sérieuse,
La morsure et le baiser ;

Tu me déchires, ma brune,
Avec un rire moqueur,
Et puis tu mets sur mon cœur
Ton œil doux comme la lune.

Sous tes souliers de satin,
Sous tes charmants pieds de soie,
Moi, je mets ma grande joie,
Mon génie et mon destin,

Mon âme par toi guérie,
Par toi, lumière et couleur !
Explosion de chaleur
Dans ma noire Sibérie !

Charles...
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