Profit

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 11 (2665 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 3 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
La baisse du taux de profitIl est plusieurs thèmes qui traversent toute l'analyse classique, jusqu'à Marx inclus. Parmi ceux-ci, la dynamique de très long terme du système capitaliste occupe une place de premier plan. Pour tous les auteurs importants de cette époque, en effet, la science doit permettre de percer l'évolution à long terme du système économique, un peu comme la connaissance des loisde la physique permet aujourd'hui de prédire la fin lointaine du système solaire.Cette préoccupation s'explique assez facilement, une fois de plus, par les choix politiques de ces différents auteurs. Smith et Ricardo étaient les interprètes d'une classe montante, celle des capitalistes, qui aspirait à diriger et à remodeler la société sans entraves. Marx se posait en représentant d'une classeouvrière appelée à renverser l'organisation capitaliste. Bref, chacun d'eux, quoique situé sur une colline différente, souhaitait dominer le champ de bataille pour en scruter l'horizon.Si la préoccupation commune de déterminer l'avenir à long terme du système ne doit donc rien au hasard, il est en revanche plus difficile de s'expliquer pourquoi tous, quoique par des raisonnements différents,parviennent unanimement à une conclusion que l'on peut qualifier de pessimiste : l'impossibilité d'assurer une croissance durable dans le cadre du capitalisme.Mais ces économistes ne partagent pas qu'une question (comment évoluera la croissance à long terme ?) et une réponse (elle va ralentir) : au centre de leur analyse, on trouve toujours la même variable : le taux de profit. Cette variable, ils en sonttous trois convaincus, est au coeur du système capitaliste et de sa dynamique. Un taux de profit élevé signifie en effet des revenus élevés pour les capitalistes, donc une épargne forte, autrement dit des ressources disponibles pour l'investissement ; il signifie également des perspectives de profits accrus pour l'avenir, donc l'incitation à transformer effectivement cette épargne eninvestissements. Inversement, un taux de profit faible, c'est moins d'épargne, donc moins de ressources pour investir. Et cet investissement, promettant d'être moins rentable, sera de toutes façons plus rare.Pour résumer, dans une économie dont le moteur est le gain individuel, l'importance de gain est cruciale pour la croissance. Dès lors, en fin de compte, la dynamique de l'économie capitaliste se résume àla dynamique de sa variable centrale, le taux de profit.C'est à partir de là que les trois analyses se séparent...Haut de page1. Adam Smith et la concurrenceAdam Smith est sans doute celui qui sur ce problème, a le moins détaillé son raisonnement. Ses considérations sur la question se limitent en réalité à quelques remarques, mais qui toutes vont dans le même sens, et qui ne laissent pas de doutesur la manière dont il voyait l'avenir : le taux de profit va avoir tendance à baisser du fait de l'exacerbation de la concurrence, qui entraînera une guerre des prix.On peut être étonné de cette affirmation, qui va à l'encontre de certains raisonnements développés par ailleurs par le même Adam Smith : après tout, si l'on applique la loi de la valeur formulée par Smith, la concurrence ne peutqu'amener les prix à se rapprocher des prix naturels, et nullement à les faire s'effondrer.Smith commet en fait l'erreur de généraliser à toute l'économie un processus qui caractérise une branche de production isolée : lorsqu'une nouvelle branche apparaît, les profits y sont souvent tout d'abord élevés, avant que la concurrence les fasse baisser pour les ramener au taux moyen.Mais encore une fois, ils'agit chez Adam Smith d'une remarque incidente, et pas d'un véritable raisonnement, argumenté et élaboré, comme on va un trouver un chez son successeur David Ricardo.Haut de page2. David Ricardo et la rente foncièrePour comprendre le raisonnement de Ricardo sur la dynamique de très long terme du taux de profit, il faut faire un détour par les thèses d'un autre économiste, contemporain de...
tracking img