Quels rapports entretiennent le roman et la nouvelle ?

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  • Publié le : 28 août 2010
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Réflexion théorique :
Quels rapports entretiennent le roman et la nouvelle ?

Le roman et la nouvelle sont deux genres à la fois proches et éloignés qui n’ont pas su s’imposer et se définir de manière immédiate. Pourtant, au fur et à mesure du temps, ils vont prendre de plus en plus d’importance dans l’histoire de la littérature, et enfin vont devenir deux genres bien distincts et respectés.Dans le cadre de ce travail, nous allons dans un premier temps tenter de comprendre ce qui a fait un jour leur gloire ou leur faiblesse à travers les différentes époques qui les ont abrités. Ensuite, dans un second temps, nous allons travailler sur les divers concepts importants que développent Umberto Eco dans Lector in fabula, et ainsi essayer de mettre en perspective ces concepts avec lescaractéristiques de ces deux genres.

C’est au 12e siècle que le roman voit le jour. Il désigne alors des « récits en langue vulgaire résultant de la traduction ou du remaniement d’un texte latin, ou bien, de plus en plus les récits écrits directement en français.[1] ». Pour Bakhtine[2], le roman est un genre en « devenir[3]» car selon les époques, ses définitions changent et se renouvellent. Defait, comme le signale Pierre Chartier[4], au 14e siècle, le roman symbolise la littérature courtoise. Au 15e siècle, il désigne des romans de chevalerie en prose. Cependant, au 17e siècle avec le Don Quichotte de la manche de Cervantès, le roman prend son sens moderne en créant une véritable rupture avec la littérature médiévale.
Les définitions qu’on en donne, aujourd’hui, sont encore variées etdiscutables. Certains le qualifient d’ailleurs d’« anti-genre[5] ». De fait, il reste le seul genre à ne pas avoir de règles formelles, à avoir des origines discutables puisque selon les époques, il prend ou renie certains de ses traits antérieurs ou en ajoute d’autres. De plus, il emprunte continuellement une multitude de caractéristiques à d’autres genres qu’il adapte à ses besoins.
Toutefois,si ce genre ne connaît pas de véritables règles esthétiques, il a tout de même dominé toute une série d’autres genres durant diverses périodes de son histoire littéraire, en romanisant d’autres types de récits. À ces périodes correspondent des moments clés de l’histoire de l’humanité où l’ouverture sur le monde extérieur était de mise. Le roman est donc, intrinsèquement, lié à l’actualité de lasociété qui l’entoure. On peut ainsi mieux comprendre ce que voulait dire Bakhtine par genre « en devenir ».
Comme dit précédemment, aujourd’hui encore, les définitions qu’en donnent les dictionnaires sont floues et s’en tiennent à peu de précision[6], mais il est tout de même possible de déterminer ses quelques traits esthétiques dominants. Dès lors, le roman est considéré comme un récitlittéraire d’une certaine longueur, il est écrit généralement en prose, il relève soit de la fiction soit du fait réel, et est composé de plusieurs techniques narratives. Toutefois, il faut savoir que ses caractéristiques ont leurs limites, car un roman peut être court, peu narratif ou encore plus autobiographique que fictionnel[7] (comme Jane Eyre de Charlotte Brönte).

De la même manière, la nouvelles’est définie de manière multiple au gré des époques. Pour certains théoriciens, ce genre est un « sous-produit ou  produit dégénéré [8]» du roman. Mais, pour Carmen Camero Pérez[9], si la nouvelle a connu quelques difficultés pour s’imposer en tant que genre, c’est parce qu’elle a donné son nom à travers les époques à d’autres genres tels que le conte, l’histoire et le roman. Pour elle, lanouvelle prône à la fois la concision, la rapidité, la concentration, la densité et la netteté mais elle représente aussi chaque moment clé d’ un roman. Ainsi, dans un roman, on trouve une multitude de nouvelles. Vincent Engel dira d’ailleurs : «les nouvelles sont des portions de roman très court constituant un récit qui ne s’intègre pas dans la trame diégétique du roman, créant dès lors un effet de...
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