Rabelais

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  • Publié le : 29 novembre 2010
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Gargantua et Pantagruel
Gargantua et Pantagruel est un roman satirique en 5 livres composé par Rabelais. Le premier (Pantagruel) parut en 1532, le deuxième (Gargantua) en 1534, le troisième (Tiers livre) en 1546, le quatrième (Quart Livre) en 1552, le Cinquième Livre en 1564. Gargantua, qui dans l'ordre des éditions et de la chronologie du récit, vient en première position, n'était pas uneinvention de l'auteur : les contes populaires parlaient du géant Gargantua, et, dans une foule de localités, on appliquait son nom à des monuments prétendument celtiques (en fait mégalithiques). Quand Rabelais entreprit la rédaction de son Pantagruel, il voulait raconter les aventures du fils de Gargantua, peu après qu'un auteur anonyme ait fait paraître un ouvrage intitulé : Les grandes etinestimables cronicques du grant et énorme géant Gargantua, contenant la généalogie, la grandeur et force de son corps, aussi les merveilleux faicts d'armes qu'il fist pour le roi Artus. Deux ans plus tard, il reprit à sa manière l'histoire de Gargantua, sous la forme d'une libre adaptation des Cronicques.
Il n'est pas d'ouvrage qui ait donné lieu à plus d'interprétations et de commentaires que celui deRabelais. On y a vu un livre à clefs et l'on s'est évertué, sans succès, à vouloir assimiler Jean des Entommeures au cardinal de Lorraine, Gargamelle à Marie d'Angleterre, Gargantua à François Ier, Graudgousier à Louis XII, Pantagruel à Henri Il, le roi Pétaut à Henri VIII d'Angleterre, voire la jument de Gargantua à la belle duchesse d'Étampes! Cette assimilation est d'ailleurs si peu fondée qued'autres clefs ont été proposées et que chaque inventeur a maintenu la sienne à l'exclusion de toutes les autres, sans se soucier des railleries que Rabelais lui-même décoche aux devineurs d'énigmes qui s'amusent à « calefreter des allégories qui oncques ne feurent songées-». Ensuite, comme Rabelais aborde tous les sujets, des spécialistes érudits se sont emparés de son oeuvre et l'ont expliquéechacun à son point de vue particulier, chacun tenant son explication pour seule valable. On nous a donné ainsi : Rabelais diplomate, Rabelais politique, Rabelais architecte, Rabelais pédagogue, Rabelais médecin, Rabelais anatomiste, Rabelais prêtre, Rabelais jurisconsulte, Rabelais précurseur de la révolution et même Rabelais franc-maçon.

Assurément, tous ces commentaires ne sont pasridicules. Le travail du Dr Le Double (Rabelais anatomisle et physiologiste), notamment, a tiré au clair deux des chapitres les plus obscurs du Pantagruel, ceux qui sont consacrés à la description de l'anatomie de Quaresme prenant. On avait cru jusqu'ici que cette anatomie ne comportait qu'une de ces énumérations saugrenues de termes bizarres, où parfois se complait Rabelais et qui nous sontinintelligibles. Grâce à de patientes recherches philologiques et à de très ingénieux rapprochements, le Dr Le Double est arrivé à démontrer irréfutablement que les comparaisons de l'auteur, loin d'être insipides, sont d'une exactitude merveilleuse et prouvent chez lui une connaissance approfondie de l'anatomie descriptive qu'on ne soupçonnait qu'à peine; qu'il a signalé l'action physiologique des principauxaliments, enfin qu'il a inventé un appareil de chirurgie et un appareil de fracture. qui fut copié par Ambroise Paré.

Les critiques modernes sont parvenus à une conception infiniment plus simple. Considérant en son ensemble l'oeuvre de Rabelais, ils n'y veulent plus voir ni une histoire politique de son temps, bourrée d'allusions aristophanesques (Aristophane) aux principaux personnages, rois,ministres et prélats qu'il a fréquentés; ni un thème à revendications sociales si prudemment voilées qu'il en faut deviner le sens; ni un réquisitoire en règle contre les abus éternels de l'État, de l'Église et de la magistrature; mais le simple passe-temps d'un médecin fort occupé et par l'exercice de son art, et par son professorat et par son ardeur à s'assimiler toute la science de l'époque....
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