Religion & exigence

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  • Publié le : 29 septembre 2010
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Sigmund Freud, auteur de ce texte, était un psychiatre autrichien qui fut le fondateur de la psychanalyse. Il étendit le domaine d’investigation psychanalytique à l’art, à l’ethnologie et à l’histoire des civilisations.

Dans ce texte Freud étudie le problème suivant : comment la religion raisonne-t-elle ? Quelle est la valeur argumentative de la foi ? Existe-il une obligation fondée sur lacroyance religieuse ?

Dès lors le fonctionnement de la religion repose-t-il sur des choses fondées ? La foi est-elle un argument s’appuyant sur la vérité ? Sommes-nous obligés d’avoir la foi ou la raison suffit-elle à nous satisfaire ?



Au début du texte Freud se place au point de vue de la religion : il nous fait savoir comment les croyants se comportent envers la religion et ce qu’ils enpensent.

En effet Freud dit, en se plaçant du point de vue du discours religieux, que « les doctrines religieuses sont soustraites aux exigences de la raison » ; donc qu’elles entendent se placer au dessus de la raison, comme si il existait une autre source de la vérité que la raison.Pour avoir la foi il faut donc outrepasser la raison.

Car la raison désigne la faculté de distinguer le vraidu faux, le bien du mal, et de régler sa conduite sur ces connaissances. Grâce à elle nous pouvons faire le tri de ceux qui ont raison et de ceux qui ont tort. A l’inverse, les croyants obéissent à leur sentiment intime, sans se demander si il existe une preuve objective de ce qu’ils avancent, ou en tenant cette exigence pour négligeable. Ils ne recherchent pas la démonstration d’une véritégénérale, ils affirment leur foi comme une vérité intérieure n’exigeant pas plus d’autre preuve que la ferveur de leur attitude, de leur engagement. Le croyant pense que la foi est plus importante que la raison, il accorde une confiance supérieure à sa conviction intérieure et n’est pas désarçonné par l’impossibilité de prouver ou de démontrer ce qu’il affirme.



Ainsi lorsque l’auteur dit « qu’ilfaut sentir intérieurement » la vérité des doctrines religieuses, il veut dire que pour le croyant il suffit de percevoir intuitivement une chose comme existant en nous, pour nous, pour y adhérer et se persuader qu’elle est réelle et vraie. « Sentir » en effet se distingue de « comprendre » ou de « connaître », on sent avec « le cœur » dirait Pascal et on comprend avec la raison. Pour le croyant,il n’est pas nécessaire de comprendre la doctrine et de la fonder en raison ; le croyant est convaincu intérieurement de la vérité de sa doctrine en dépit qu’elle ne soit pas démontrée ou démontrable.

Nous savons maintenant quel est le raisonnement du croyant et quelles sont ses convictions. Nous savons aussi quel est son principe : la foi. Cependant que vaut la foi en face des exigences de laraison ? Peut-on selon Freud arguer de sa foi ?



En précisant « Seulement ce credo n’est intéressant qu’à titre de confession personnelle » Freud laisse percer tout son scepticisme à l’égard du croyant et de la valeur qu’il attribue à sa foi. En effet lorsque une personne dit « je crois » il affirme la force de son adhésion à ce qu’elle croit en se fondant sur sa certitude personnelle. Maiselle n’a pas de preuve objective de ce qu’elle affirme dans sa foi. Il faut donc voir dans ces propos de Freud une critique de l’attitude du croyant.



En effet la « confession » est une déclaration de sa foi religieuse, qui est alors rendue publique. Le fait qu’elle soit « individuelle » signifie ici qu’elle ne concerne que l’individu qui a la foi, qu’elle ne vaut que pour lui. C’estpourquoi Freud précise que ce credo, « en tant que décret, ne lie personne. » Car un décret est une loi ou une décision ayant une portée générale, ce qui est contradictoire avec le caractère individuel de la foi. Si le « je crois » ne lie personne c’est parce qu’il est un engagement personnel et que comme tel il n’engage personne d’autre que son auteur ; on ne peut exiger qu’il soit accepté par...
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