Risques naturels au japon et adaptation de l'homme

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  • Publié le : 16 décembre 2010
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« Les Lois Mémorielles »

I) Lois et histoire :
 
1) L’article 4 de la loi du 23 février 2005 :
 
            « Les programmes de recherche universitaire accordent à l'histoire de la présence française outre-mer la place qu'elle mérite. Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer ». Ainsi s’exprime l’article 4 de la loi du 23février 2005, son apparition provoqua une vague de contestation de la part d’une grande majorité d’historiens, mais aussi de journalistes et de juristes. Plusieurs pétitions, réclamant le retrait de cet article, furent rédigées et des associations tels que « Liberté pour l’Histoire » ou le CVUH (Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire) furent créées dans ce contexte polémique.
             Les arguments avancés dans la contestation de cet article, étaient que, tout d’abord cet article constituait une large entrave à l’indépendance de la recherche historique. En effet l’un des fondements du travail d’historien est l’exigence d’impartialité. Or quel historien pourrait travailler objectivement sur la colonisation si la loi lui impose de reconnaître uniquement le rôle positif dela présence française outre-mer. Les historiens ont affirmés qu'il était absurde d’essayer d’imposer un jugement sur un phénomène historique puisque le rôle de l’Histoire est précisément de ne pas juger. L'Histoire doit rendre compte de la complexité d’un phénomène et d'essayer de mesurer l’intégralité de ses conséquences, le rôle de l'histoire est de présenter un bilan le plus proche possible dela réalité. Cet article 4 n’était donc pas seulement une entrave à la liberté de la recherche historique, mais aussi une remise en cause de l’histoire en elle-même.
 
            Plusieurs historiens ont aussi affirmer que cette loi constituait  une atteinte à la démocratie, rappelant que le jugement de l’histoire et son utilisation à des fins idéologiques sont caractéristiques des Etatsautoritaires. Cet article 4 est  en effet anti-démocratique pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce qu’il impose aux historiens un mensonge officiel ignorants crimes et massacres perpétués durant la colonisation, ensuite parce qu’il contraint les enseignant à véhiculer cette vérité officielle, ce qui est contraire à la neutralité scolaire qui est un des fondements de l’Etat laïque. Des juristes ontpar ailleurs relevé le caractère anticonstitutionnel de ces lois car l’enseignement est un domaine qui relève normalement de textes réglementaires comme les décrets ou les circulaires, et que l’on ne peut inscrire dans la loi des dispositions à son égard. De plus cet article créait un délit d’opinion puisque inscrivant un jugement dans la loi, toute affirmation s’éloignant de cette véritéofficielle aurait pu devenir condamnable.

L’article 4 fut finalement retiré le 31 janvier 2006 mais il fut l’élément déclencheur d’un débat sur l’ensemble des lois mémorielles. Et si la position des historiens au sujet de l’article 4 fut homogène ce n’est pas le cas en ce qui concerne les lois précédentes, promulguées avant 2005. Ce qu'il s'agit d'étudier maintenant est le rapport qu'entretiennent cestrois autres lois avec l'histoire.

 

2)      Lois mémorielles : l’établissement de vérités historiques ? :

         Certains historiens et divers intellectuels défendent ardemment les trois premières lois mémorielles. Ils affirment que ces trois lois ne sont pas du même ressort que l'article 4. La loi Gayssot ne rend condamnable que la négation de la Shoah et la loi du 29 janvier 2001quand a elle est seulement déclarative, elle stipule uniquement que la France reconnaît publiquement le génocide arménien. Pour la loi Taubira la situation est un peu différente car on applique à un fait historique la qualification de crime contre l'humanité. Mais finalement les défenseurs des lois mémorielles affirment qu'aucune de ces lois ne contraignent l'impartialité de la recherche, ni la...
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