Sanction

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  • Publié le : 17 mars 2011
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LA SANCTION EN EDUCATION
D’Erick Prairat

Partie 1 Pratiques et discours

CHAPITRE 1 DEFINITION

1 Un concept polysémique

Sanctionner -sancire en latin -rendre sacré, sanctifier.

La sanction est l’acte par lequel on établit une loi ou un traité de manière irrévocable. C’est une manière de rendre un texte obligatoire.

Dans une acceptation plus tardive, la sanction est soitune punition soit une récompense. La sanction est une conséquence, la suite logique de l’acte.

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|C’est la réaction prévisible d’une personne juridiquement responsable ou d’une instance légitime, à un comportement qui porte atteinte aux |
|normes,aux valeurs ou aux personnes d’un groupe constitué. |

On ne retient pas dans l’ouvrage l’aspect sanction/récompense.

3 précisions :

• la sanction se situe toujours dans un rapport d’altérité : les sanctions naturelles ne sont pas des sanctions. De même, la sanction intérieure, le remord après un acterépréhensible n’est pas une sanction.
• la sanction présuppose une intentionnalité : elle n’est ni un accident ni une action fortuite.
• les attitudes de réprobations diffuses du groupe face à un comportement déviant (ce qu’on appelle les sanctions sociales) n’entrent pas dans la réflexion.

2 la sanction n’est pas l’expiation : le mythe de l’expiation

La conception expiatrice :• la faute est conçue comme un mal.
• il est toujours possible de trouver une peine quantitativement équivalente au mal commis, à la faute.
• la peine, toujours éprouvante, souvent douloureuse équilibre ou efface le mal commis. On remet les compteurs à zéro.

Critique de Prairat :

• il est illusoire de croire que la sanction peut effacer ou annuler la transgression. On ne peutnier le caractère irrévocable de ce qui a été fait.
• l’expiation nie l’histoire du sujet puisqu’elle entend revenir symboliquement à la situation d’innocence qui précède la faute. Et pour Prairat la situation éducative consiste à regarder de l’avant.
• l’expiation sacralise la douleur, elle lui prête des valeurs éducatives en faisant de l’expérience douloureuse un momentrédempteur.

3 la sanction n’est pas une vulgaire peine : la théorie comportementaliste

La théorie : Elle est issue de travaux anglo-saxons qui font de la sanction une vulgaire peine, ils critiquent la position naturaliste de JJ Rousseau.

Rousseau défend l’idée d’une sanction naturelle. L’enfant doit être éduqué dans la dépendance des choses, il doit éprouver lui-même les limites de ses actes. S’ilmange trop, il sera malade ; s’il est impoli, on ne lui parle plus. Rousseau fait l’éloge des réactions naturelles qui suivent les actions erronées de l’enfant. Elles ont pour qualité d’être constantes, directes, sûres et l’enfant ne peut y échapper. Ce qui rend pertinent cette forme naturelle de punition c’est sa permanence -le feu brûle toujours- alors que l’homme est inconstant, tantôt menace,tantôt cajole, interdit une chose et l’autorise l’instant d’après.

Pour les comportementalistes, il ne s’agit pas de laisser la nature punir mais de punir comme elle, avec la même rigueur, la même constance et la même rapidité.

Or, c’est ça que critique Prairat. « Il faut se garder du désir d’efficacité immédiate » car bien souvent, chez l’ado ou l’enfant, le sens n’advient que plus tard.Les effets de l’éducation ne se donnent jamais immédiatement.

C’est pour ça qu’il rejette la théorie des comportementalistes : ils nient le temps.

CHAPITRE 2 FAMILLES ET CHATIMENTS

1 Violences familiales, violences sociales

Les châtiments corporels sont un moyen naturel, habituel, pour assagir et maintenir les enfants dans la plus stricte obéissance. Pendant longtemps, la...
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