Schopenhauer

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  • Publié le : 5 mai 2011
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notre peur et dans notre espérance, dans tous nos sentiments et dans toutes nos volitions, sont une révélation du fond dernier de l'existence et nous donnent une clef pour comprendre toute la nature. Si nous persistons dans le point de vue de la connaissance rationnelle, le monde n'est que phénomène, que représentation. Mais si nous procédons par analogie avec notre propre impulsion et notrevolonté, nous découvrons que l'essence du monde est la volonté — sous des formes diverses et à des degrés nombreux. — Telles sont les idées essentielles de l'oeuvre principale de Schopenhauer: Le monde comme volonté et comme représentation (1819).
[...]
L'ouvrage de Schopenhauer peut se comparer à un drame en quatre actes (de même que «l'Ethique» de Spinoza était un drame en cinq actes). Lepremier livre traite du monde comme phénomène soumis au principe de raison suffisante. Il renferme la théorie de la connaissance de Schopenhauer déja fondée dans la «Quadruple racine». Du monde comme simple représentation, il remonte à la volonté comme à l'essence la plus intime du monde; c'est là qu'est la solution de l'énigme du monde. Le deuxième livre donne une description détaillée des différentsdegrés et des différentes formes de la volonté dans la nature. Il dépeint la volonté de vivre comme la tendance aveugle à l'existence qui est active en toutes choses, avançant de degré en degré, employant la connaissance à son service et finissant par prendre conscience de toute sa misère. La question se pose alors de savoir s'il n'est pas possible de se délivrer de cette malheureuse aspirationincessante. Le troisième livre traite de l'art: dans l'observation esthétique de la nature et de la vie il semble que la roue du temps s'arrête et que la volonté soit apaisée. Mais cela ne réussit que pendant des instants isolés. Pour que le but soit complètement atteint, il faut — ainsi que montre le quatrième livre — supprimer totalement sa volonté de vivre dans la pitié ou dans l'ascétisme.L'existence est une tragédie. Le drame n'a pas chez Schopenhauer un dénouement aussi serein, aussi conciliant que chez Spinoza.»
Autre source :
I. Présentation du texte
Arthur Schopenhauer (1788-1860) est un philosophe allemand, issu d'une famille de commerçants. Son père souhaitait qu'il utilise aussi sa vive intelligence dans le domaine du commerce, mais il meurt (probablement par suicide) alorsque son fils a dix-huit ans. A. Schopenhauer se consacre alors aux études classiques, rencontre Goethe, devient professeur de philosophie à l'université de Berlin à une époque où la « vedette » incontestée en est Hegel, que Schopenhauer exècre au point de donner son cours à la même heure que lui pour en détourner certains étudiants.
Il publie son livre majeur, Le Monde comme volonté et commerepré¬sentation, dès 1819 (il est alors âgé de trente ans). L'œuvre ne rencontre aucun succès, Schopenhauer démissionne de l'université, voyage, connaît de profondes dépressions. L'importance de sa pensée n'est reconnue que vers la fin de sa vie, après la troisième édition de son texte majeur en 1859. Ayant choisi de vivre seul, il laisse pour unique héritier un caniche.
La pensée de Schopenhauer estd'une originalité radicale par rapport à toute la tradition philosophique allemande du XIXe siècle et son côté iconoclaste ne peut guère être comparé qu'à celui de Nietzsche. À la fois idéaliste et athée, il conçoit la réalité fondamentalement comme une « représentation », c'est-à-dire comme inaccessible à notre enten¬dement. Dès lors, nous y accédons par nos sens et nous l'interprétons par notreentendement, mais il est évidemment absurde de parler de vérité, et plus encore de vérité absolue. Ce qui nous situe dans le monde, c'est le principe de « volonté », qui n'est pas étranger au prin¬cipe vital structurant la réalité selon la pensée bouddhiste, et dont il importe de se détacher pour accéder à la sérénité et au non-être.
Le pessimisme de Schopenhauer est quasi absolu. Pour lui,...
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