Sepher moyse

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  • Publié le : 23 juillet 2010
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LA LANGUE HEBRAÏQUE RESTITUÉE
ET LE VERITABLE SENS DES MOTS HÉBREUX RÉTABLI ET PROUVÉ PAR LEUR ANALYSE RADICALE — PREMIERE PARTIE par FABRE-D'OLIVET

LA LANGUE HÉBRAÏQUE RESTITUÉE (parties une et deux) est un OUVRAGE dans lequel on trouve réunis : 1°. Une DISSERTATION INTRODUCTIVE sur l'origine de la Parole, l'étude des langues qui peuvent y conduire, et le but que l'Auteur s'est proposé ;2°. Une GRAMMAIRE HÉBRAÏQUE, fondée sur de nouveaux principes, et rendue utile à l'étude des langues en général ; 3°. Une série de RACINES HÉBRAÏQUES, envisagées sous des rapports nouveaux, et destinées à faciliter l'intelligence du langage, et celle de la science étymologique ; 4°. Un Discours PRÉLIMINAIRE ; 5°. Une traduction en français des dix premiers chapitres du Sépher, contenant la COSMOGONIEde MOYSE. Cette traduction, destinée à servir de preuve aux principes posés dans la Grammaire et dans le Dictionnaire, est précédée d'une VERSION LITTÉRALE, en français et en anglais, faite sur le texte hébreu présenté en original avec une transcription en caractères modernes, et accompagnée de notes grammaticales et critiques, où l'interprétation donnée à chaque mot est prouvée par son analyseradicale, et sa confrontation avec le mot analogue samaritain, chaldaïque, syriaque, arabe, ou grec. PAR FABRE-D'OLIVET.

DISSERTATION INTRODUCTIVE

[V] § I. Sur l'origine de la Parole, et sur l'étude des Langues qui peuvent y conduire. L'ORIGINE de la Parole est généralement inconnue. C'est en vain que les savants des siècles passés ont essayé de remonter jusqu'aux principes cachés de cephénomène brillant qui distingue l'homme de tous les êtres dont il est environné, réfléchit sa pensée, l'arme du flambeau du génie, et développe ses facultés morales ; tout ce qu'ils ont pu faire, après de longs travaux, a été d'établir une série de conjectures plus ou moins ingénieuses, plus ou moins probables, fondées en général sur la nature physique de l'homme qu'ils jugeaient invariable, etqu'ils prenaient pour base de leurs expériences. Je ne parle point ici des théologiens scholastiques qui, pour se tirer d'embarras sur ce point difficile, enseignaient que l'homme avait été créé possesseur d'une langue, toute formée ; ni de l'évêque Walton, qui, ayant embrassé cette commode opinion, en donnait pour preuve les entretiens de Dieu même avec le premier homme, et les discours qu'Ève avaittenus au serpent 1 ; ne réfléchissant pas que ce prétendu serpent qui s'entretenait avec Ève, et auquel Dieu parlait aussi, aurait donc puisé à la même source de la Parole, et participé à la langue de la Divinité. Je parle de ces savants qui, loin de la poussière et des cris de l'école, cherchaient de bonne foi la vérité que l'école ne possédait plus. D'ailleurs les théologiens eux-mêmes avaientété dès longtemps abandonnés de leurs disciples. Le père Richard Simon, dont nous avons une excellente histoire critique du Vieux-Testament, ne craignait pas, en s'appuyant de l'autorité de St. Grégoire de Nysse, de rejeter l'opinion théologique à cet [VI] égard, et d'adopter celle de Diodore de Sicile, et même celle de Lucrèce 2, qui attribuent la formation du langage à la nature de l'homme, et àl'instigation de ses besoins 3.

1 2 3

Walton, prolegom. I. Rich. Sim. Histoire crit. L. Ier, ch. 14 et 15. Diod. Sic. L. II.

Ce n'est point parce que j'oppose ici l'opinion de Diodore de Sicile ou de Lucrèce à celle des théologiens, qu'on doive en inférer que je la juge meilleure. Toute l'éloquence de J.-J. Rousseau ne saurait me la faire approuver. C'est un extrême heurtant un autreextrême, et par cela même, sortant du juste milieu où réside la vérité. Rousseau dans son style nerveux et passionné, peint plutôt la formation de la société que celle du langage : il embellit ses fictions des couleurs les plus vives, et lui-même, entraîné par son imagination, croit réel ce qui n'est que fantastique 4. On voit bien dans son écrit un commencement possible de civilisation, mais non...
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