Synthese

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  • Publié le : 6 novembre 2010
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La cour du lion(texte 1)

Sa Majesté lionne un jour voulut connaître 
De quelles nations le ciel l'avait fait maître. 
            Il manda donc par députés 
            Ses vassaux de toute nature, 
            Envoyant de tous les côtés 
            Une circulaire écriture, 
            Avec son sceau. L'écrit portait 
            Qu'un mois durant le roi tiendrait 
            Courplénière, dont l'ouverture 
            Devait être un fort grand  festin, 
            Suivi des tours de Fagotin. 
            Par ce trait de magnificence 
Le prince à ses sujets étalait sa puissance. 
            En son Louvre il les invita. 
Quel Louvre! un vrai charnier, dont l'odeur se porta 
D'abord au nez des gens. L'ours boucha sa narine: 
Il se fut bien passé de faire cettemine; 
Sa grimace déplut: le monarque irrité 
L'envoya chez Pluton faire le dégoûté. 
Le singe approuva fort cette sévérité, 
Et flatteur excessif, il loua la colère 
Et la griffe du prince, et l'antre, et cette odeur: 
            Il n'était ambre, il n'était fleur
Qui ne fût ail au prix. Sa sotte flatterie 
Eut un mauvais succès, et fut encor punie: 
            Ce Monseigneur du lion-là             Fut parent de Caligula. 
Le renard étant proche: «Or cà, lui dit le sire, 
Que sens-tu? dis le moi: parle sans déguiser.» 
            L'autre aussitôt de s'excuser, 
Alléguant un grand rhume: il ne pouvait que dire 
            Sans odorat; bref, il s'en tire.

            Ceci vous sert d'enseignement: 
Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire, 
Ni fade adulateur, ni parleurtrop sincère, 
Et tâchez quelquefois de répondre en Normand.

Les animaux malade de la peste(texte 2)

Un mal qui répand la terreur, 
            Mal que le ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre, 
La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom), 
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron, 
            Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tousétaient frappés: 
            On n'en voyait point d'occupés 
A chercher le soutien d'une mourante vie;
            Nul mets n'excitait leur envie,
            Ni loups ni renards n'épiaient 
            La douce et l'innocente proie; 
            Les tourterelles se fuyaient: 
            Plus d'amour, partant plus de joie.
Le lion tint conseil, et dit: «Mes chers amis, 
            Jecrois que le Ciel a permis
            Pour nos péchés cette infortune; 
            Que le plus coupable de nous 
Se sacrifie aux traits du céleste courroux; 
Peut-être il obtiendra la guérison commune. 
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents 
            On fait de pareils dévouements: (1)
Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence
            L'état de notre consciencePour moi, satisfaisant mes appétits gloutons, 
            J'ai dévoré force moutons. 
            Que m'avaient-ils fait? Nulle offense; 
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
                        Le berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut: mais je pense 
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi: 
Car on doit souhaiter, selon toute justice, 
            Que le pluscoupable périsse. 
- Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi; 
Vos scrupules font voir trop de délicatesse.
Eh bien! manger moutons, canaille, sotte espèce.
Est-ce un pêché? Non, non. Vous leur fîtes, Seigneur, 
            En les croquant, beaucoup d'honneur; 
            Et quant au berger, l'on peut dire 
            Qu'il était digne de tous maux, 
Etant de ces gens-là qui sur lesanimaux
            Se font un chimérique empire.» 
Ainsi dit le renard; et flatteurs d'applaudir.
            On n'osa trop approfondir 
Du tigre, ni de l'ours, ni des autres puissances 
            Les moins pardonnables offenses: 
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints. 
L'âne vint à son tour, et dit: «J'ai souvenance ...
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