Vaut il mieux se liberer de ses desirs plutot que de l'ordre du monde ?

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  • Publié le : 10 mars 2010
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Le monde est un fait accompli devant lequel nous somme placés. Nous sommes bien obligés de l’accepter tel qu’il est, puisque c’est à ce monde ci que nous sommes confrontés, et pas à un autre. Pour autant, l’homme est le seul être connu, parmi ceux qui peuplent ce monde, à concevoir l’idée du monde tel qu’il n’est pas, et tel qu’il serait s’il comblait l’ensemble de ses manques, qu’ils soientnécessaires comme le sont les besoins, ou apparemment dispensables tels que semblent l’être les désirs. On sait que, peu à peu, l’homme est parvenu à transformer des parcelles du monde pour qu’elles satisfassent ses besoins les plus essentiels. Mais, dans la foulée de ces premières transformations, il en est venu à exiger du monde une satisfaction plus globale, qui le ferait passer de la satisfactiondes besoins strictement nécessaires à la création permanente de nouveaux manques jusque là jamais ressentis ni même imaginés auxquels on donnera immédiatement réponse.
D’un côté, l’homme semble être en mesure de changer l’ordre du monde pour le plier à la loi de son désir, mais d’un autre côté, on sent bien qu’il y a dans cette ambition quelque chose d’inquiétant et de peut être illégitime. Ainsi,pris entre deux feux dont on verra qu’il ne maîtrise ni l’un, ni l’autre, l’homme doit il choisir à quelle loi il est censé se soumettre : la loi du désir ? Ou la loi du monde ? Pour traiter cette question l’argumentation va s’ articuler, en tentant, au-delà des deux options mentionnées, de trouver une forme d’unité.
Le désir anime l’homme d’une manière particulière. A la différence du besoinqui doit être satisfait, le désir semble être tout à fait superflu, dispensable. Ainsi, si on doit privilégier l’un des deux types de manques, c’est bien évidemment le besoin qu’il faut favoriser, puisqu’en quelque sorte, le choix ne se pose même pas : il faut parer au nécessaire. Le problème que pose le désir, c’est qu’il mobilise une grande énergie pour chercher sa satisfaction, sans jamais latrouver. Il peut donc être considéré comme une perte d’énergie et comme une source de déception : consacrer son temps au désir, c’est alimenter un puits sans fond, investir à fonds perdus et se préparer la déception : on le verra, le désir n’a pas d’objet, et la première conséquence qu’on peut en tirer, c’est qu’il ne faut pas lui accorder de valeur. S’il faut choisir, dès lors, entre l’ordre d’unmonde qui, de toute façon, s’impose et la fluctuation d’un désir instable, il semble bien que la raison réclame qu’on change nos désirs, en les réduisant tout simplement.
C’est la raison pour laquelle une part importante du discours sur le désir consiste à le désenchanter. En effet, si le désir a un indéniable pouvoir de « charme », c’est parce que le plus souvent, il n’est simplement pas pensé.Même s’il se manifeste a priori comme un manque, c’est un manque enthousiasmant puisqu’il promet ou il fait espérer en un gain par rapport à la stricte nécessité un peu austère du besoin. Ainsi, le désir est une promesse de lendemains qui chantent, suffisamment enthousiasmante pour qu’on le perçoive comme positif. La clé d’une liberté véritable, c’est justement d’établir correctement la distinctionentre ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas et ne s’attacher qu’à ce qui est en notre pouvoir. Or, dans la confrontation entre l’homme et le monde, l’ordre du monde ne peut pas être changé. Les phénomènes n’ont pas lieu par hasard, ni de manière arbitraire, ils sont provoqués par des causes qui agissent selon des lois qui constituent, précisément, l’ordre du monde. Toute action humainedoit s’inscrire dans cet ordre là, pour la simple raison qu’il n’est pas négociable et que la seule liberté qui nous est accordée, c’est de l’accepter, puisque le refuser est vain. Ainsi, désirer autre chose que le monde tel qu’il est, c’est se condamner soi même au malheur, puisque le monde est nécessairement tel qu’il est. Il s’agit donc bel et bien d’agir sur nos désirs pour qu’à force de les...
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