Villes et campagnes au xvi

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  • Publié le : 27 septembre 2010
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La ville d'Ancien Régime et sa campagne
Sous l’Ancien Régime, la ville peut se définir par les murailles qui l’entourent, le nombre et la densité de ses habitants, ses institutions et ses privilèges, et enfin, le pouvoir qu’elle exerce sur le plat pays qui l’environne. En effet, diverses fonctions placent la ville au pôle supérieur d’une relation inégalitaire vis-à-vis de sa campagne.Cependant, la ville dépend du plat pays en ce qui concerne le ravitaillement et la démographie.
 
Il est donc intéressant d’examiner ces rapports complexes entre la ville d’Ancien Régime et sa campagne et d’en dessiner l’évolution du XVIe au XVIIIe siècles.
 
 
UNE TRIPLE DOMINATION DE LA VILLE SUR SA CAMPAGNE
 
 
La ville domine le plat pays dans les domaines économique, financier etculturel. La domination économique de la ville comporte trois aspects : la rente foncière, le commerce et la production.
 
La rente foncière traduit une forte emprise de la cité sur sa campagne. En effet, les terres agricoles appartiennent majoritairement aux citadins. La rente foncière augmente aux XVIe et XVIIe siècles, mais s’accroît encore plus au XVIIIe. Cette augmentation s’explique surtoutpar la dépossession des exploitants : ainsi la propriété paysanne passe de 25 % en 1550-1560 à 15 % au début du règne personnel de Louis XIV. En outre, la ville prélève plus qu’elle n’a besoin : vers 1700, elle prélève 20 à 25 % du produit agricole net alors que le taux de réinvestissement est faible, voire nul. Enfin, la rente foncière englobe aussi la rente sur l’État. Or, celui-ci s’endettetout au long de l’Ancien Régime et la cité rejette le poids principal des impôts sur la campagne. Ces trois éléments – augmentation de la rente, prélèvement exagéré et rente sur l’État – montrent que la ville fortifie son contrôle économique sur sa campagne entre le XVIe et le XVIIIe siècles.
 
Les activités productrices constituent un autre aspect de la domination économique de la ville sur leplat pays. Les villes moyennes tirent la matière première de leur campagne et les grandes villes voient la plus grande partie de leur activité artisanale située à la campagne où se trouve une main d’œuvre abondante et souple. À cela s’ajoute le fait que les négociants rendent les paysans dépendant d’eux dans la mesure où ils leur fournissent les matières premières et parfois les outils qu’ilsn’ont pas les moyens de ses procurer. De cette manière, les villes dominent économiquement leur campagne.
 
Enfin, pour les cités les plus puissantes, les activités commerciales sont un bon moyen de contrôler économiquement le plat pays. Elles se lancent dans la commercialisation des produits de leur campagne. Or, le commerce s’étend aux XVIe et XVIIe siècles. Beauvais, par exemple, exporte destoiles de lin à Paris et à l’étranger. Ces toiles sont fabriquées pour la plupart dans des ateliers ruraux. Par conséquent, grâce à l’essor du commerce, les villes les plus puissantes fortifient le contrôle économique sur la campagne qui les environne.
 
La cité exerce aussi une domination financière sur le plat pays. Le contrôle financier devient décisif aux XVIe et XVIIe siècles lorsqu’unecertaine masse de numéraire s’introduit dans les campagnes. Trois facteurs expliquent ce phénomène : l’essor du commerce fait pénétrer de nouveaux produits dans le plat pays qui doit les payer ; la rente bourgeoise est de moins en moins perçue en nature et de plus en plus en argent ; la taille devient de plus en plus lourde sur le revenu agricole. La ville augmente donc tout au long de l’Ancien Régimeson pouvoir financier sur sa campagne.
 
Aux dominations économique et financière s’ajoute une domination culturelle. Si au XVIe siècle la culture urbaine, marquée par l’agressivité des personnes, reste traditionnelle, en revanche, au XVIIe siècle, se produit une évolution des comportements qui traduit la mise en place d’une « civilisation des mœurs » (Norbert Elias). Cette évolution...
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