Villon - epitaphe villon

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François Villon, Poésies diverses

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Introduction

     La poésie lyrique, expression poétique des sentiments personnels, s'ancre dans la subjectivité car elle touche à l'universel, au-delà du moi auquel elle semblait d'abord se restreindre. Les poèmes de François Villon, bien quesubjectifs, ne peuvent être considérés comme une forme de poésie personnelle tant la fiction s'y mêle à l'autobiographie.
     L'Epitaphe Villon, ou La Ballade des pendus, considéré comme le testament du poète (il l'écrit alors qu'il s'attend à être pendu), est l'expression d'une émotion sincère justifiée par l'existence tourmentée du poète. Mais Villon y donne la parole à des pendus fictifs quiproclament l'universalité du genre humain, invitant ainsi le destinataire à s'identifier au sujet de l'énonciation et à se placer sous le regard de Dieu.
     En quoi ce poème est-il une expression originale du lyrisme ?

Lecture du poème


Télécharger La ballade des pendus (ou épitaphe Villon) en version mp3 (clic droit - "enregistrer sous...")
Lu par René Depasse- source :litteratureaudio.com

Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nousveuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nousveuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nousveuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Villon, Epitaphe Villon ou ballade des pendus

Annonce des axes d'étude
     Nous étudierons d'abord le rapprochement de plusieurs mondes, puis la portée esthétiqueet enfin la portée morale de ce texte.

Etude méthodique :

I – Le rapprochement de plusieurs mondes

1- La situation d'énonciation

- Emploi du pronom « nous » pour évoquer l'énonciateur : « nous » désigne les pendus (1-12;15-17) ou leurs os (8), l'énonciation prend alors la forme d'une prosopopée. « nous » désigne je + d'autres. Le fait que « je » ne soit pas mis ici en exergue fait dece poème un lyrisme particulier, pourtant le titre du poème « épitaphe Villon » nous amène à identifier le poème comme le dernier discours d'un des pendus : Villon.
- Présence d'un double destinataire : le lecteur « frères humains » (1-11), « vous » et « tous » (31), « hommes » (34), mais aussi Dieu, mentionné dans l'envoi (31).

=> Le poème est un discours d'outre-tombe, les morts parlent...
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