Zola

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  • Publié le : 30 avril 2010
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A l’aube du XVIIè siècle naissait la science dite « moderne », celle initiée par Galilée. Dès lors, les promesses de la science moderne se veulent gigantesques, fabuleuses. Elles jurent de révéler aux hommes la réalité du monde. Dans la lignée de Galilée, Descartes affirmait, dans le Discours de la Méthode, que « l’homme devait devenir comme maître et possesseur de la nature ». Depuis Descartes,notre emprise sur le monde s’est amplifiée de façon prodigieuse, à tel point que le développement technoscientifique et technique s’emballe, nous donnant l’impression d’échapper à notre contrôle.
Pourquoi les sciences et les technosciences, plutôt que d’éclairer l’humanité, se mettent-elles à l’effrayer ?
Le projet philosophico-scientifique initié par Galilée et Descartes a-t-ilmené l’Homme dans une impasse ? Comment repenser notre rapport à la Nature ?
Etienne KLEIN, physicien, auteur de _Galilée et les Indiens – Allons-nous liquider la science ?_ Selon Galilée, la nature est quelque chose de clos sur elle-même, régie par des lois mathématiques, que la physique a pour mission de découvrir. Il ajoute que nous sommes des êtres d’anti-nature,transcendants.
La science est-elle victime d’un égarement ?
En quoi ses prétentions, ses promesses, les désillusions qu’elle a parfois suscitées ont-elles dévié du projet initié par Galilée et Descartes ?
Olivier REY, chercheur en mathématique, auteur de _Itinéraires de l’égarement – _du rôle de la science dans l’absurdité contemporaine : La science moderne est biendistincte de la celle qui l’a précédée dans l’Antiquité et à l’époque médiévale. La science ancienne est celle d’un cosmos, mot grec qui originellement désignait un ensemble harmonieux, bien ordonné. Cela signifie que la science d’un monde qui est d’emblée conçu comme une harmonie est une science à l’intérieur de laquelle il n’y a pas de rupture entre la question des faits et la question desvaleurs, puisque le monde en tant que tel, par nature, a lui-même une valeur. La science moderne signe donc l’arrêt de mort de ce cosmos dans la mesure où elle s’édifie selon un idéal de mathématicité et surtout, elle place d’emblée le monde en dehors de toute idée de bien et de mal. Il y a désormais une séparation radicale entre la question des faits, dont va s’occuper la science, et la questiondes valeurs, qui va davantage être l’objet de la morale et de la politique, et d’une manière tout à fait distinguée. Et l’« égarement », auquel le titre de l’ouvrage fait référence vient du fait que, par inertie, on a continué à demander à la science moderne des exigences que par nature elle ne pouvait plus remplir, c’est-à-dire fournir des réponses existentielles, qui était du ressort de lascience ancienne en tant qu’elle était science d’un cosmos.
{text:list-item} Etienne KLEIN : La science ne nous dit pas ce que nous devons penser, mais nous montre ce que nous ne pouvons plus croire. La pensée se revivifie dès lors qu’elle s’intéresse à ce que la physique exhibe à propos de questions que discutent les philosophes. Mais il est évident que si l’on sépareles disciplines, nous ne pouvons percevoir cette fécondité, cette potentialité qu’a la science de rayonner en dehors d’elle-même. Si la science ne nous renseigne pas sur le sens de nos vies, sur les questions existentielles qui sont celles qui nous importent, sa légitimité est-elle à remettre en cause ? Etienne KLEIN : Le but atteint est différent de ce qu’on avaitvisé, que les fondateurs de l’idée de progrès avaient envisagé. Chez Galilée, il y a l’idée que la science, la physique en l’occurrence, ne peut devenir puissante que si elle limite ses ambitions. Nous devons renoncer à vouloir répondre à toutes les questions et choisir les problèmes dont on pense qu’on pourra les résoudre grâce à une démarche qui allie la théorisation...
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