Zola

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  • Publié le : 8 octobre 2010
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Le monde d’Aristide Saccard est celui de l’hôtel du Parc Monceau dont la couleur prédominante est l’or

Saccard étale sa fortune sans retenue et entend en profiter
Monceau est donc le paradis des plaisirs mondains, de la luxure, de la dépravation morale et de la « vie à outrance »
Enfin, l’hôtel Saccard est un espace politique, celui où se montrent les soutiens de l’Empire, ses ministres etses notables

L’hôtel Béraud du Châtel
Appartenant au père de Renée, l’hôtel Béraud est l’exact contrepoint de l’hôtel Saccard

La couleur de cet hôtel particulier est le noir qui revêt plusieurs connotations symboliques : les murs dégagent une « gravité noire », la bâtisse aux allures de cloître une lueur « noirâtre ». Le noir est la couleur de l’austérité : tout chez les Béraud du Châtelrespire la droiture. L’hôtel est ainsi perpétuellement « silencieux ». Le père de Renée vit en solitaire, retiré du monde.
L’hôtel Béraud inspire donc une crainte religieuse
Le noir, c’est aussi la couleur de l’ancien. A cet égard, l’hôtel Béraud, situé sur l’Île Saint-Louis, reste à l’écart des travaux haussmanniens, des transformations et de la nouveauté

Le temps
Le Second Empire
Le 2décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte s’empare du pouvoir par un coup d’Etat. Prenant le nom de Napoléon III, il instaure le Second Empire. Comme l’a relaté Zola dans le premier volume des Rougon-Macquart, La Fortune des Rougon, et avant lui Hugo dans Les Châtiments, l’armée prend place dans les rues et en expulse le peuple, à Paris comme en province. Les libertés disparaissent et l’idéal républicains’effondre. Le Second Empire est donc en place quand commence La Curée

Les personnages
Saccard ou « la note de l’or »
Avec Renée, Saccard est le personnage principal de La Curée. Présent à chaque chapitre, son portrait physique est succinct : « petit, laid, noirâtre », la « mine chafouine » et les « jambes grêles » dessinent grossièrement un portrait peu flatteur. Du point de vue moral, Saccardest un personnage monolithique placé sous le signe de l’or. Symbole de la « spéculation furieuse d’une époque », affairé à faire « jaillir des millions » (

Si Saccard est fort en affaires, il est à l’inverse un père et un mari démissionnaires. Il incarne en cela la perversité morale du Second Empire. Il laisse Renée avoir des amants, sortir dans des lieux peu fréquentables (chapitre 4). Il neréagit pas face à l’inceste (chapitre 6) et n’a jamais éduqué son fils (chapitre 3). Il s’impose comme le parfait reflet des préoccupations matérialistes d’une époque décadente.
Cependant, Saccard peut apparaître comme une figure héroïque dans La Curée. Dynamique et actif, il prend son destin en main. L’ambition et le désir de conquête le taraudent. « Homme décidé à franchir tous les fossés » etdoté d’une forte volonté de puissance, il s’élève socialement jusqu’à opérer « une vraie prise de possession » de Paris (chapitre 2). De Rougon, il devient Saccard. Son arme n’est autre que sa rapacité. Gagner de l’argent est une chasse féroce : avec son « museau de fouine » (chapitre 1), ses « appétits de loup » et d’« oiseaux de proie » (chapitre 2), il participe pleinement à la « curée ardente »(chapitre 3) qui se joue à Paris. Son dynamisme conquérant lui assure une place dominatrice dans la narration. Manipulateur, il déclenche les principaux événements narratifs : son mariage avec Renée au chapitre 2 et celui de Maxime et Louise au chapitre 6.

Le pouvoir de Saccard est néanmoins à nuancer car le personnage a ses faiblesses. Comme tous les Rougon-Macquart, il subit le poids del’hérédité : c’est de son « sang des Rougon » qu’il tient « l’appétit de l’argent » et le « besoin de l’intrigue » (chapitre 2). Le milieu dans lequel il évolue détermine aussi son caractère. La capitale favorise l’éclosion de ses tendances profondes : « Aristide Saccard avait enfin trouvé son milieu. Il s’était révélé grand spéculateur, brasseur de millions ». Comme Macbeth, des voix lui crient...
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