L'argent selon simmel

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  • Publié le : 15 juin 2010
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L’argent comme moyen se fait si efficace qu’il devient le but même de l’existence humaine. En effet , dans une série téléologique normale , les moyens sont utilisés pour atteindre une certaine fin bien définie , mais celle-ci reste toujours hors de portée comme un horizon qui garde toujours la même distance par rapport à qui le voit ,ce que soutient Simmel en expliquant : « si l’on rassemble toutceci,il semble que ce que nous nommons objectif final plane au-dessus des séries téléologiques,et qu’il est vis-à-vis d’elles comme l’horizon vis-à-vis des chemins terrestres :ils vont dans sa direction ,mais il demeure toujours aussi lointain devant eux après la marche la plus longue »(p.130) ; par la suite , chaque fin une fois qu’elle est atteinte devient elle-même un autre moyen qui amorceune nouvelle série téléologique avec une nouvelle fin ; «la conversion des fins en moyens se justifie par le fait qu’en dernière instance ,les fins aussi sont seulement des moyens »(p.131) affirme Simmel. Or, ce raisonnement s’inverse dans le cas de l’argent. En effet, en tant que moyen, l’argent se glisse pour devenir une finalité ; c'est-à-dire que l’argent qui est inventée par la communauté pourfaciliter les échanges et servir les gens en tant que moyen se transforme pour devenir lui-même la fin ultime et donc recherché pour lui-même . ce double statut qu’ acquiert l’argent, celui d’être à la fois un simple moyen et la fin dernière, explique son statut et sa ressemblance à l’idée de Dieu , menant le raisonnement à son terme , le propre de Dieu est d’être l’harmonie de tous lescontraires et les diversités , d’être à la fois le moyen et la fin absolus : « l’essence profonde de la pensée de Dieu est d’accéder à l’union de la diversité et des contradictions du monde »(p :133).Ainsi , du moment que chaque individu adore Dieu, l’argent par analogie, il entretient avec lui des rapports spécifiques qui apparaissent clairement dans la personnalité de la personne qui la possède. Celase manifeste dans les traits de caractère  manifestes chez l’avare et le cupide.
L’avarice et la cupidité ne sont pas des phénomènes parallèles, bien que plusieurs personnes le pensent. Elles partagent la même base et le même but qui est celui de l’argent mais elles s’en distinguent par une petite nuance. Simmel affirme à ce sujet que « […] la cupidité et l’avarice ne sont absolument pasdes phénomènes concomitants même s’ils partagent fondamentalement la même finalité absolue : l’argent »(p.138) . Ces deux dérèglements pathologiques que sont l’avarice et la cupidité apparaissent pour lui lorsque «  pour un individu ,l’argent prend un caractère de fin ultime qui dépasse le niveau d’intensité conforme à la culture économique exprimée dans son milieu » (p :137) , toutefois ,celles-ci sont relatives au contexte économique : « la même quantité absolue de passion du gain ou d’attachement à l’argent peut être normale ,dans un contexte où l’argent a un certain sens , et tout à fait hypertrophiée dans un autre » p :138 . En effet, la cupidité surgit lorsqu ‘elle est placée dans un contexte où « l’économie monétaire [est] très vive et développée »(p.138) . Par ailleurs,s’agissant de l’avarice , « celui qui passe pour économe et rationnel dans un contexte économique étroit et faiblement fluctuant au niveau monétaire, sera tenu pour avare dans un contexte de chiffres d’affaires rapides et de bénéfices et de dépenses faciles » p :138 .
L’auteur de la philosophie de l’argent analyse par la suite les rapports qu’entretiennent ces personnes avec l’argent ; à ce sujet , ilcite le type de collectionneur qu’il a comparé aux Hamsters puisque, d’une part, les deux ne cessent d’amasser les choses utiles aussi bien qu’ inutiles , et d’autre part , ils les collectionnent sans pour autant en tirer profit : «  le peuple les compare aux hamsters,car ils gardent de précieuses collections de toutes sortes , sans en tirer une quelconque jouissance , souvent même sans s’en...
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