L'etat selon thomas hobbes

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  • Publié le : 20 décembre 2010
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Philosophie – cours sur l'État

L'Etat selon Thomas HOBBES

L'état de nature

Pour défendre sa conception de l'Etat, Hobbes imagine d'abord un « état de nature » précédant toute organisation en société. Un état dans lequel les hommes vivent sans gouvernement. But : comprendre ce qui a conduit les hommes à passer d'un état où leur liberté était totale (la nature) à un état où cette libertéest limitée par la loi. D'un état où ils ont en principe tous les pouvoirs à un état où le pouvoir appartient à une entité supérieure.

Texte : Chapitre XIII du Léviathan (Manuel pages 188-191).

Les principales étapes du raisonnement :

1. Hobbes part du constat que la nature a fait les hommes égaux.

Certes, certains sont physiquement plus forts, d'autres plus intelligents. Mais le plusfaible physiquement peut toujours l'emporter sur le plus fort par la ruse ou en s'alliant avec d'autres. Et le moins rusé peut toujours user de sa force physique. Au bout du compte, on arrive à un équilibre global. Ça se compense.

Si on constate des inégalités, c'est seulement du fait de la différence des expériences qui s'ajoute à l'égalité naturelle de départ. Si tout le monde avait la mêmeexpérience, il n'y aurait pas d'inégalités.

2. L'égalité engendre la défiance.

Le fait d'avoir au départ les mêmes aptitudes conduit les individus à avoir les mêmes espérances. Nous avons globalement le même pouvoir, donc les mêmes prétentions. Autrement dit : nous voulons les mêmes choses. Nous sommes donc en concurrence. Je veux avoir seul l'accès à ce verger et je veux seul pouvoir mangerles fruits qui s'y trouvent. Je veux posséder cette femme, ce coin de la montagne à l'abri du vent, etc. Le problème, c'est que l'autre veut la même chose. Pour parvenir à mes fins, je dois donc éliminer ou assujettir mon rival.

« Si quelqu'un plante, sème, bâtit ou possède un lieu qui lui convient, il est probable que d'autres peuvent surgir, ayant uni leurs forces, pour le déposséder et lepriver non seulement des fruits de son travail, mais aussi de sa vie et de sa liberté. Et à son tour, l'attaquant sera confronté au même danger de la part d'un autre. »

3. La défiance engendre la guerre.

Le seul moyen de se mettre en sécurité, c'est donc d'anticiper. Autrement dit : se rendre maître, par la force et par la ruse, du plus grand nombre de personnes possibles. Pour Hobbes, dansl'état de nature, l'individu est autorisé à étendre son pouvoir sur les autres personnes. Car il ne fait qu'obéir à la nécessité de rester en vie. Il se protège, et on ne peut pas le lui reprocher.

En plus, certains éprouvent du plaisir à augmenter leur puissance, donc ils l'augmentent au delà de ce que leur sécurité et leur conservation requiert. Et ce faisant, ils conduisent les autres àanticiper davantage, donc à augmenter à leur tour leur puissance au delà du strict nécessaire.

En plus, les hommes sont naturellement vaniteux : ils ont tendance à vouloir que les autres leur attribuent la valeur qu'ils s'attribuent à eux-mêmes. Mais comme chacun s'attribue à lui-même une valeur supérieure aux autres, seule la force peut satisfaire la vanité. Chacun méprise chacun. Chacun veut êtreadmiré de tous. Comment faire pour que celui qui me méprise m'admire ? En le forçant.

Compétition + défiance + vanité = guerre. Les hommes attaquent les hommes pour leur profit, pour leur sécurité et pour leur réputation.

Résultat : l'état de nature est un état de « guerre de chacun contre chacun ».

« Pendant ce temps où les humains vivent sans qu'une puissance commune ne leur impose à tousun respect mêlé d'effroi, leur condition est ce qu'on appelle la guerre ; et celle-ci est telle qu'elle est une guerre de chacun contre chacun ».

Conséquences :

Les hommes ne peuvent pas entreprendre, ni investir, car tout bénéfice est précaire, fragile, incertain. Pas d'agriculture, pas de commerce, par d'importation... Pas de connaissance, pas de savoir, pas d'institution. Bref, pas de...
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