L'europe peut elle devenir verte

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  • Publié le : 5 mai 2010
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-Accroissement de l'indépendance énergétique, du potentiel d'emplois, de l'innovation industrielle…, la conversion écologique de l'économie peut être un atout pour l'Union.
Lutter contre le dérèglement climatique, anticiper la fin des ressources fossiles, protéger la biodiversité constituent des nécessités absolues. Mais l'histoire, lointaine ou récente, est remplie de politiques nécessaires quin'ont jamais vu le jour, car elles se sont heurtées aux conservatismes, aux intérêts en place et aux stratégies non coopératives qui cherchent à faire porter aux autres les coûts des évolutions indispensables

-L'engagement écologique de l'Union européenne ne sera un avantage pour la compétitivité des entreprises qu'à condition que les autres états prennent suivent l’exemple rapidement.
Le 9octobre 2008, quelques jours avant le Conseil européen consacré à la tourmente agitant les marchés bancaires, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, exhortait les chefs d'Etat et de gouvernement européens à ne pas oublier leurs engagements pour combattre le changement climatique malgré la crise. Depuis le début de l'année, l'Union européenne tentait en effet de se doter d'unpaquet énergie-climat ambitieux, qui fixe ses engagements futurs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

-Jugé souvent coûteux, le soutien à l'éolien et aux autres formes d'électricité verte n'a en réalité jamais été aussi faible.
Après l'enterrement de la taxe carbone, c'est l'énergie éolienne qui se voit mettre des bâtons dans les pales. Si les députés suivent, dansle cadre de la discussion de la loi Grenelle II, les recommandations de la mission parlementaire d'information sur l'énergie éolienne, publiées le 30 mars dernier (1), planter une éolienne risque de devenir de plus en plus difficile.
Ainsi, la mission parlementaire a proposé d'imposer une taille minimale aux parcs éoliens (5 mâts et 15 à 20 mégawatts de puissance) et d'y appliquer le régime desinstallations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) qui s'impose aux sites industriels présentant un risque écologique, tels que les usines, les entrepôts ou les élevages. Pourtant, "les éoliennes ne font pas courir à la population un risque comparable", a protesté Christian Garnier, le vice-président de France Nature Environnement.
Vérité des coûts
La mission parlementairestigmatise également les "importants surcoûts" de l'éolien. Elle souligne notamment que, selon la Commission de régulation de l'énergie (CRE), une tonne de CO2 évitée grâce à une éolienne (à terre) coûte entre 230 et 280 euros, contre 2 euros pour une économie équivalente générée par l'isolation thermique des bâtiments.
S'il est incontestable que l'énergie la moins chère est celle que l'on évite deconsommer, cet argument est employé de manière très fallacieuse. En effet, il laisse à croire que le développement de l'éolien représente une facture exorbitante pour la collectivité, alors qu'il coûte en réalité de moins en moins cher. C'est ce que montre l'analyse des chiffres publiés par la CRE (2), un exercice auquel la mission parlementaire a manifestement omis de se livrer. Explications.L'électricité éolienne bénéficie d'un tarif de rachat garanti destiné à soutenir l'essor de cette filière encore jeune. L'écart entre le prix de rachat de l'électricité éolienne et le prix du marché est payé par le consommateur, via la contribution au service public de l'électricité, la CSPE. Or, cette subvention, qui était de 52 euros par mégawattheure (MWh) en 2003, est tombée à 14 euros en 2009, enraison, surtout, du triplement des prix moyens de l'électricité sur cette période, eux-mêmes orientés à la hausse par ceux du gaz et du pétrole.
Certes, dans le même temps, la production éolienne a bondi, ce qui a accru la charge de soutien à la filière. Mais pas de façon proportionnelle, très loin s'en faut: alors que le soutien payé par le consommateur a été multiplié par trois de 2003 à 2009...
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