L'histoire des tribunaux

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  • Publié le : 5 avril 2010
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Vers le milieu du XIVème siècle, les Français quittèrent l’habit long, mais les magistrats, les avocats et autres officiers de justice, conservèrent longtemps l’usage de l’habit long et le manteau, principalement dans l’exercice de leurs fonctions. Tant que dura le Moyen Age, il n’y eut rien de constant quant à la couleur des robes portées dans les diverses fonctions, le parlement de Paris étantpeut-être le seul corps faisant exception, toujours habillé de rouge.
 
Le rouge est de mise lors des cérémonies publiques mais d’une façon générale, au jour de la rentrée solennelle des parlements, aux grandes audiences qui suivaient, à celles qui se tenaient à Toulouse régulièrement durant le premier semestre de l’année judiciaire, et à Paris, de la Saint Martin à l’Annonciation; à celles quiprécédaient la Notre-Dame d’août et la Sainte-Croix de septembre, à toutes ces audiences, dites de « robe rouge », où se prononçaient les arrêts généraux ou de règlement, et ces discours d’apparat dont se chargèrent longtemps les chanceliers en personne et les chefs de corps, le premier président et les présidents à mortier paraissent couverts de leurs mortiers à galons d’or, vêtus de leursépitoges d’hermine, de leurs manteaux entièrement fourrés de menu-vair, relevés sur le côté gauche, et soutenus par trois lames, ou létices, d’or. Le doyen et les présidents aux enquêtes et aux requêtes revêtaient, en ce jour leur cape, ou épitoge de pourpre bordée d’hermine, qui était la marque distinctive de leur dignité. Les conseillers laïques et les gens du roi (dont le costume était alors celui desconseillers), les greffiers en chef civil et criminel, revêtaient leur robe, ou plutôt leur manteau de laine rouge à larges manches, orné de velours, leur chaperon rouge fourré, leur simarre, ou soutane de soie noire, à manches étroites, simarre que l’on trouve aussi de couleur rouge, dans quelques portraits du quinzième siècle ; leur ceinture à rosette et leur cravate, dont la forme a souventvarié ; les conseillers clercs, leur robe d’écarlate violet. Plus tard ils ne se distinguèrent des conseillers laïques que par des manches plus étroites ornées de parements de taffetas, pour montrer, disent les auteurs, la modestie et la simplicité qui conviennent à des ecclésiastiques ; leur chaperon orné de fourrure, dans l’origine, puis ensuite sans fourrure, mais avec bourrelet. Formé de veloursnoir, orné de galons d’or, le mortier des présidents était l’ancienne coiffure de nos rois donnée par eux à leurs magistrats. Sa forme comme ses ornements étaient variables, et il pouvait même ne constituer parfois qu’un signe distinctif, parfois si plat, ou à l’inverse si volumineux, qu’on ne pouvait le mettre sur la tête. Dans certains parlements, les mortiers de tous les présidents étaientidentiques, et dans les cours où l’usage avait amené ou maintenu une seule de mortier, on tenta vainement de détruire cette uniformité : un arrêté du parlement de Toulouse pris en 1709, qui voulut y remédier, paraît être resté sans exécution. L’on n’y a pas encore oublié les discussions que les ornements du mortier de l’un de ses premiers présidents y amenèrent au milieu du XVIIIème siècle. Lemanteau et l’épitoge des présidents paraissent aussi un souvenir du grand manteau dont les rois et leurs premiers officiers étaient revêtus dans les assemblées de la nation. Ces officiers furent les chefs des premières cours de justice dont les présidents de nos parlements avaient occupé la place et gardé le costume. Aussi, avaient-ils l’habitude de tenir la queue de ce manteau relevée et retenue sur lecôté gauche à l’imitation des anciens chevaliers, pour rappeler que leurs prédécesseurs avaient porté de l’épée, comme le faisaient encore depuis le XVIème siècle, aux lits de justice, les ducs et pairs et les chevaliers des ordres du roi. La forme de ce manteau n’était pas identique dans tous les parlements. A Paris il était plus riche qu’à Toulouse. Mais il était pourtant de tradition que ce...
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