L'urbanisme de rome

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  • Publié le : 13 décembre 2011
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Dissertation :

« La ville de Rome a-t-elle eu un urbanisme de type romain ? » Ier siècle av. J.-C. – IIIe siècle ap. J.-C..

L’urbanisme à la romaine, dérivé de la construction des camps militaires, marque encore de nos jours le plan de nombreuses colonies fondées par Rome pendant la République et le début de l’Empire. On sait que ce plan est censé reprendre l’organisation idéalisée de lacapitale, mais il semble d’un autre côté peu probable que les premiers habitants de Rome, fondée au VIIIe siècle, aient pu appliquer ces techniques. Cependant, la ville a connu une période de domination étrusque au tournant des VIIe et VIe siècles, ce peuple appliquant dans ses cités un urbanisme proche du futur urbanisme des villes nouvelles romaines, qui en est probablement inspiré. De même, lesEmpereurs du début de l’ère chrétienne ont plusieurs fois tenté de mettre de l’ordre à l’organisation de leur capitale, alors même que celle-ci s’étendait de plus en plus. A la vue de ces éléments matériels et idéologiques parfois contradictoires, on peut alors se demander quels éléments pourraient rapprocher Rome d’un urbanisme « à la romaine », et quels sont les aspects qui l’en éloignent, enconsidérant la période à la fois la plus riche et la plus connue de l’urbanisme romain, à savoir celle allant du premier siècle avant notre ère jusqu’aux troubles du IIIe siècle. Pour ce faire, nous étudierons l’organisation du centre historique de Rome, globalement bâti de manière assez anarchique, puis nous nous intéresserons à des éléments raisonnés qui apparaîtront avec l’Empire, pour nouspencher ensuite sur une dimension plus symbolique de l’urbanisme de Rome, qui reste malgré tout pour les romains le modèle de toute ville.

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L’organisation du centre de Rome à l’époque Républicaine, et même sous l’Empire, est en grande partie anarchique, et se rapprocherait plus d’une ville médiévale que d’une cité romaine « idéale ». Le quadrillage systématique et géométrique des rues, élémentfondamental de l’urbanisme romain, n’existe pas, ou plutôt n’existe plus : en effet, il y avait eu à l’époque étrusque un cardo et un decumanus avec quatre portes sur le Capitole, mais au Ier siècle avant Jésus-Christ ce schéma avait complètement disparu sous des constructions plus modernes, la via Appia au Sud restant quasiment le seul vestige du cardo. En effet, à partir du noyau de la ville(villages de bergers sur le Palatin et implantations étrusques sur le Capitole), la ville s’était étendue et la muraille servienne englobait déjà plus qu’un simple noyau de peuplement. On remarque par ailleurs qu’elle n’a déjà plus aucune forme quadrangulaire ni même régulière, preuve que ce développement n’a certainement pas été organisé. Il faut remarquer que les collines de Rome n’auraient sansdoute pas permis de tracer des rues droites, mais exceptés les grands axes organisés globalement en étoile autour du Forum, Rome était constituée d’un lacis de petites rues, souvent en pente, le long desquelles s’entassaient des insulae typiques de la capitale et qu’on ne retrouve dans quasiment aucune autre ville romaine (Ostie exceptée). On voit donc clairement se dessiner un urbanisme médiéval,que l’on pourrait plus facilement rapprocher du Paris du Moyen-Age que des colonies bien ordonnées comme Terracine ou Pouzzoles. Le plan de Rome apparaît également comme inégalitaire et sans rapport avec le découpage du terrain en lots identiques accordés aux colons d’une ville nouvelle, et ce même sous l’Empire. Les fonctions religieuses sont concentrées pour la plupart sur le Capitole, dansl’antique pomerium étrusque (qui sera par la suite étendu jusqu’à la muraille servienne), les riches patriciens s’installent sur le Palatin, du moins jusqu’à ce que Néron les en déloge, ou sur le Quirinal, le peuple des plébéiens s’installant lui dans les quartiers excentrés ou les plaines plus ou moins insalubres entre les collines. Les bâtiments d’usage courant et publique n’étaient que rarement...
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