Bois (guy), la mutation de l’an mil. lournand, village mâconnais de l’antiquité au féodalisme

4707 mots 19 pages
EXPOSÉ HISTORIOGRAPHIE

BOIS (Guy), La mutation de l’an mil. Lournand, village mâconnais de l’Antiquité au féodalisme, Paris, Fayard, 1989
Préface de Georges Duby de l’Académie française

UE 21 : Sociétés féodales

Université Toulouse II – Le Mirail
Année 2009-2010

Georges Duby, dans sa préface de l’ouvrage de Guy Bois, La mutation de l’an mil, présente cette œuvre en termes non-équivoques « Audacieux, l’essai séduit, provoque. Il dérange ». Cette vision des choses ne fait pas démentir la réputation de trouble-fête de Guy Bois. Professeur d’histoire médiévale à l’Université de Paris-I en 1989, à l’université de Franche-Comté en 1990, il est l’auteur en 1976 de l’ouvrage Crise du féodalisme qui ne laissa pas ses contemporains insensibles. Historien polémique, il l’est plus que jamais à la rédaction en 1989 de La mutation de l’an mil. Lournand, village mâconnais de l’Antiquité au féodalisme. Dans cet ouvrage, Guy Bois fait coexister la monographie du petit village de Lournand avec une histoire générale. N‘étant ni l’un, ni l’autre, l’essai est un va-et-vient dans le questionnement de la mutation de l’an mil. L’auteur part d’une idée simple qu’il expose dans ces termes : « l’examen approfondi du particulier rapproche plus du général qu’il n’en éloigne ». La micro-histoire inaugurée par des historiens italiens est une méthode qui tend à se rependre; toutefois, l’appliquer à l’époque franque était un pari ambitieux, voire provoquant, et qui ne laissa pas de glace les historiens médiévistes ayant déjà travaillés sur l’an mil. Le choix du village de Lournand n’est donc pas laissé au hasard, dans une époque où les sources sont rares. La proximité géographique et juridique du Lournand avec le monastère de Cluny offrent une situation particulière et donc des sources abondantes, notamment les Chartes de l’abbaye qui sont une véritable mine d’information. A côté de l’aspect lacunaire de la société que permet de combler, au moins partiellement, la proximité de

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