Chapitre iv, livre i du contrat social, rousseau

Pages: 8 (1770 mots) Publié le: 17 février 2013
Chapitre IV : De l’esclavage

Partie 1 : § 1 à 6 : l’abdication de la liberté ne peut être l’objet d’une convention

Si le droit ne peut être fondé sur la nature, c’est sur la convention = comme le fruit d’un accord entre les volontés que l’on doit le fonder. Ne sera dit juste, ne sera de droit, que ce qui est le produit d’un tel accord (consentement bilatéral). Mais quelles en sont lesconditions? Car c’est sur une telle convention, un tel accord passé entre parties que certains théoriciens (Grotius) entendent justifier la soumission du maître à l’esclave et du roi au peuple : s’il y a eu contrat consenti par les deux parties, n’y a-t-il pas alors justice ? Rousseau va démonter leur argumentation : il ne s’agit pas d’un véritable contrat. Quelles sont les conditions d’un véritablecontrat ? Un contrat est un échange qui suppose l’intérêt réciproque et l’acquiescement volontaire à ses conditions (cf. contrat d’assurance : échange volontaire fondé sur l’intérêt réciproque d’une somme d’argent contre un service). Dire comme Grotius que le peuple comme l’esclave échange sa liberté contre la nourriture que lui fournit le maître ou le roi est absurde puisque c’est lui qui laproduite (de plus, de fait, les rois n’ont cure de la nourriture du peuple : il s’agit de faire la guerre et donc de le ponctionner par les impôts) : il n’y a donc pas d’échange (unilatéral et non réciproque), on ne peut donc vouloir être esclave.

Reste un second type d’échange (§3) : le peuple échangerait sa liberté contre la sécurité. Or cet échange là a toutes les apparences de la rationalité : lepeuple obtient bien quelque chose qu’il n’avait pas auparavant et à quoi il a intérêt (la sécurité, l’ordre public), le Roi – s’il doit respecter les termes du contrat – doit limiter sa puissance en ne contrevenant pas à la sécurité du peuple. Pour la sécurité, l’ordre public, il faut apparemment que l’on renonce à la liberté : le droit de tout faire (privé) mais aussi à la liberté politique decontester la loi (débats, liberté de la presse, manifs…) = facteur de désordre : il faudrait donc échanger la liberté contre la sécurité pour ne pas vivre dans l’insécurité du désordre (cf. absence de lois et de répressions = tous les coups sont permis, vols, meurtres…= loi de la jungle. Ex : Western). De là – et pour le bien du peuple - la matraque des CRS, « forces de l’ordre ». Au nom de quoi,Rousseau dénonce t’il un tel contrat ? Premièrement : le peuple est surveillé par les forces du roi mais qui surveillera le roi ? Le roi est garant de l’ordre public mais cet ordre a tôt fait de devenir désordre à son tour : guerres, répressions, vexations aléatoires = la réalité d’un pouvoir royal illimité. Supposer le roi raisonnable et n’agir que pour l’ordre public c’est oublier que le roi estun homme (et de plus un «puissant») rongé par les passions qui, sans freins, peuvent se déployer. De là notamment la guerre, fruit du désir de puissance : mais si le peuple a échangé sa liberté contre la sécurité (tranquillité), cette sécurité-là ne lui est pas donnée mais la guerre et l’arbitraire : contrat de dupe.

Supposons, cependant – et c’est le second point – qu’un tel contrat soitrespecté. Peut-on échanger sa liberté contre la tranquillité (supposée acquise) et qu’est-ce qu’un tel échange pour l’homme ? Rousseau : « qu’y gagnent-ils si cette tranquillité même est leur misère ? » En quoi la tranquillité peut-elle être une misère ? C’est que renoncer à la liberté c’est déchéance et perte de dignité. Rousseau par un tour rhétorique fait appel à notre sentiment de dignité (par quoinous nous estimons nous-mêmes) : « on vit tranquille dans les cachots » - nous ressentons en nous un mouvement de révolte, un refus du cachot, par quoi nous voulons, serait-ce au détriment de la tranquillité, être libre : la dignité de l’homme c’est, être de volonté, d’être maître de soi et non, comme l’animal, le jouet de forces de la nature = être le sujet volontaire qui dirige sa vie et non...
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