Cinna, dans quelle mesure la pièce montre-t-elle qu’il est possible d’être maître de ses passions ?

Pages: 5 (1089 mots) Publié le: 12 mai 2011
Les tragédies de Corneille ne se terminent pas toutes de façon tragique et malheureuses, la notion de tragique est basée sur la vision du héros en prise avec des forces qui le dépasse. Et c’est cette idée de duel contre la fatalité qui constitue le tragique. Corneille, contrairement à Racine, donne à ses personnages une grandeur héroïque, c’est-à-dire que ceux-ci on encore la possibilité d’agirsur leur destin, ils ne sont pas totalement impuissants. Nous essaierons donc de montrer dans quelle mesure la pièce de Corneille, Cinna montre-t-elle qu’il est possible d’être maître de ses passions. Tout d’abord nous étudierons la maîtrise des passions par la clémence, un acte de grandeur et de noblesse d’Auguste. Ensuite nous nous pencherons sur la maîtrise des passions construite sur laculpabilité et le repentir, et enfin nous verrons le personnage de Cinna qui tente de maîtriser ses passions mais n’y parvient cependant pas.

Dans une première partie, le personnage d’Auguste représente parfaitement l’idée de la grandeur héroïque. En effet le personnage vient d’apprendre de multiples trahisons, et malgré sa haine, et sa soif de vengeance, il parvient à pardonner à ceux qui l’onttrompé. Cette maîtrise de la colère est un véritable triomphe sur lui-même qui le rend à la fois supérieur aux autres personnages mais le présente également comme un homme magnanime, bon et puissant. Cet acte magnanime montre la force et la volonté d’Auguste, il peut agir sur son destin tragique tant qu’il en a la volonté. La clémence d’Auguste est généreuse, elle le rend plus grand, elle fait de luià la fois le maître de lui-même mais aussi de « l’Univers ». Cette clémence n’est donc pas totalement gratuite et tend également à montrer l’empereur comme un héros, un personnage triomphant, la clémence permet la gloire du héros. La clémence d’Auguste est indispensable dans Cinna au dénouement de la pièce, elle force en effet l’admiration des autres personnages ainsi que leur culpabilité et lesramène à la raison ainsi qu’à reconsidérer leurs passions.

Dans une seconde partie, on peut donc constater que la culpabilité emmène les personnages à revenir sur leurs décisions et donc à maîtriser leurs passions. On peut tout d’abord observer le personnage de Maxime, celui-ci trahi Cinna pour suivre sa passion amoureuse pour Emilie, et fait donc connaitre leur plan à Auguste. Cependant unefois repoussé par Emilie et sachant le sort attendu par son ami, et également le sien, la mort et « l’infâme souvenir de [sa] déloyauté », Maxime décide de se rendre auprès d’Auguste afin de lui révéler la vérité de ses actes et de demander que lui seul soit puni. Maxime n’a donc pas, en premier lieu, résisté et maîtrisé ses passions, cependant, par le pardon et le regret de sa décision il estrevenu sur cette passion pour ne finalement plus la suivre. Ensuite, le personnage d’Emilie tient une place extrêmement importante dans l’intrigue, elle est celle sans laquelle le complot n’aurait pas lieu puisque c’est elle qui demande à Cinna la mort de l’empereur afin de venger son père. La haine et la volonté d’Emilie semble impossible à stopper, Cinna en fait l’expérience lorsqu’il lui faitpart de ses doutes et que celle-ci, plus décidée que jamais répond: « Sans emprunter ta main pour servir ma colère / Je saurais bien venger mon pays et mon père », sa volonté est telle qu’elle est prête à aller elle-même jusqu’au bout de ses choix. Cependant la clémence d’Auguste envers Cinna et elle semble transformer la colère d’Emilie, elle semble alors comme touchée par la grâce, se sentant à lafois coupable et pleine d’admiration envers l’homme qu’elle détestait. Ce changement soudain parait improbable cependant il est rendu possible par l’extrême clémence dont fait preuve Auguste et par sa bonté envers ceux qui l’ont trahi. Emilie en proie à une passion dévorante, la haine, la vengeance, parvient à maîtriser sa passion en pardonnant à l’homme qui lui à pris un père mais qui lui donne...
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