Claude levi-strauss race et histoire

643 mots 3 pages
L'attitude la plus ancienne, et qui repose sans doute sur des fondements psychologiques solides puisqu'elle tend à réapparaître chez chacun de nous quand nous sommes placés dans une situation inattendue, consiste à répudier purement et simplement les formes culturelles : morales, religieuses, sociales, esthétiques, qui sont les plus éloignées de celles auxquelles nous nous identifions. « Habitudes de sauvages », « cela n'est pas de chez nous », « on ne devrait pas permettre cela », etc., autant de réactions grossières qui traduisent ce même frisson, cette même répulsion, en présence de manières de vivre, de croire ou de penser qui nous sont étrangères. Ainsi l'Antiquité confondait-elle tout ce qui ne participait pas de la culture grecque (puis gréco-romaine) sous le même nom de barbare ; la civilisation occidentale a ensuite utilisé le terme de sauvage dans le même sens. Or derrière ces épithètes se dissimule un même jugement : il est probable que le mot barbare se réfère étymologiquement à la confusion et à l'inarticulation du chant des oiseaux, opposées à la valeur signifiante du langage humain ; et sauvage, qui veut dire « de la forêt », évoque aussi un genre de vie animale, par opposition à la culture humaine. Dans les deux cas, on refuse d'admettre le fait même de la diversité culturelle ; on préfère rejeter hors de la culture, dans la nature, tout ce qui ne se conforme pas à la norme sous laquelle on vit. [...] Cette attitude de pensée, au nom de laquelle on rejette les « sauvages » (ou tous ceux qu'on choisit de considérer comme tels) hors de l'humanité, est justement l'attitude la plus marquante et la plus distinctive de ces sauvages mêmes. On sait, en effet, que la notion d'humanité, englobant, sans distinction de race ou de civilisation, toutes les formes de l'espèce humaine, est d'apparition fort tardive et d'expansion limitée. Là même où elle semble avoir atteint son plus haut développement, il n'est nullement certain — l'histoire récente le

en relation

  • Claude Levi Strauss Race et Histoire
    621 mots | 3 pages
  • Race et histoire claude levi-strauss
    5508 mots | 23 pages
  • Race et histoire, claude levi strauss
    10788 mots | 44 pages
  • Analyse de Claude Levi Strauss, Race et Histoire
    711 mots | 3 pages
  • Race et histoire, de claude levi-strauss
    1152 mots | 5 pages
  • Race et histoire claude levi strauss
    18038 mots | 73 pages
  • Race et histoire de claude lévi-strauss : synthèse et analyse de l'oeuvre
    8598 mots | 35 pages
  • Explication d'un extrait de « race et histoire » de claude lévi-strauss
    987 mots | 4 pages
  • Claude lévi strauss race et histoire chapitre 3 l'ethnocentrisme dissertations et mémoires
    724 mots | 3 pages
  • La pens2e sauvage
    698 mots | 3 pages