Commentaire de texte rousseau contract social, droit et force, livre i chapitre iii

Pages: 9 (2227 mots) Publié le: 15 mars 2013
Explication de texte de Jean-Jacques Rousseau, Droit et force, Du contrat social, Livre I, Chapitre III, 1762.

Ce texte aborde une réflexion sur les principes du droit politique. Il s’agit de déterminer, avec les seules forces de la réflexion rationnelle les conditions de légitimité d’une organisation politique. Ce chapitre élabore alors en partie une sorte de critique des théoriesmystificatrices du droit. « La raison du plus fort est toujours la meilleure » dit le fabuliste. Si « meilleure » signifie efficace, ce jugement est sans appel. S’ensuit-il que ce soit légitime ? C’est ce que voudrait faire accroire l’idée « d’un droit du plus fort » dans une prétention n’abusant personne; tout le monde sait bien que force ne fait pas droit et pourtant, Rousseau remarque que ce droit « estpris ironiquement en apparence et réellement établi en principe ». Tout l’intérêt de la réflexion consiste d’une part à prendre acte du fait. Si en droit l’antinomie du droit et de la force est évidente, en fait les choses sont moins tranchées. Il y a, en réalité, une promiscuité du droit et de la force car ce sont toujours les forces sociales les plus fortes qui sont habilitées à faire le droit.D’autre part, il s’agit de montrer que la force ne fait pas droit dans sa nudité de force. Dans sa réalité substantielle, la force est absolument hétérogène au droit, l’une et l’autre relevant de registres spécifiques que le sens commun différencie immédiatement. D’où le problème, comment la force peut-elle faire droit puisqu’en soi elle est étrangère au droit ? Qu’il y faille un subterfuge, on s’endoute, mais quel est-il ? Rousseau l’analyse et l’on s’aperçoit que le secret de la force n’est paradoxalement pas la force, c’est l’apparence du droit. Que la force, ayant besoin du droit pour masquer sa faiblesse, il y a là de la corruption du droit. Que ce mécanisme de brouillage des ordres constitue le problème politique par excellence.
Dès la première ligne « le plus fort » veut être « lemaître », autrement dit un rapport naturel, physique aspire à être reconnu comme un rapport politique, moral. La question est de savoir si l’on peut ainsi passer de la physique à la politique, cette question se posant à deux niveaux : celui du fait et celui du droit. La première interrogation exige d’observer ce qui est, de décrire le donné empirique. Un tyran, un despote se maintient-il au pouvoirpar la seule efficacité de la force ? La seconde appelle une réflexion purement théorique. Quel est le principe du droit ? Y a-t-il un sens à invoquer un droit du plus fort ? Dans les deux cas Rousseau invite à comprendre que force ne fait pas droit. Ni en droit, ce qui va de soi, ni en fait un rapport de force ne peut s’imposer comme un rapport de droit. L’antinomie des deux ordres est telle que« le plus fort » ne peut pas être « le maître ». Cette impossibilité logiquement démontrable est empiriquement constatable.
Ainsi, le plus fort n’impose sa domination au plus faible qu’aussi longtemps qu’il est le plus fort. Le jeu des forces obéit à une loi naturelle. Ainsi la force ne peut s’exercer que dans l’actualité de sa puissance. Nul relâchement ne lui est permis car celui qui la subitreprendrait le dessus. Le rapport de force est donc menacé de renversement permanent ; il n’a pas la stabilité de rapport politique, ni son efficacité puisque l’expérience montre que celui-ci maintient et se perpétue sans avoir besoin de recourir sans cesse au déploiement de la force. Réduite à sa réalité substantielle, la force, pure détermination physique, n’a pas les attributs lui permettantde s’exercer durablement. Elle est politiquement faible. Ce qui, physiquement, est d’une évidence incontournable. La masse d’un peuple soumis incarne une force immensément plus grande que celle du dominant. Il s’ensuit que le pouvoir du maître, est d’une autre nature que le pouvoir brut de la force. Il y a là matière à étonnement infini. Dans le même esprit, Bertrand de Jouvenel pointe le...
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