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Pages: 9 (2055 mots) Publié le: 6 janvier 2014
Approches du baroque: Pascal, disproportion de l’homme
Pascal, Pensées
Disproportion de l’homme
Introduction
Illusion et vertige appartiennent aux thèmes baroques, et les écrivains de l’époque n’ont pas cessé d’être fascinés par la ressemblance entre l’infiniment grand et l’infiniment petit. Pascal, dont la carrière scientifique était des plus brillantes, avant qu’il ne se détourne de cesintérêts profanes pour se consacrer à l’apologie de la religion chrétienne, a connu les travaux de Galilée (fin du géocentrisme au profit de l’héliocentrisme) ou ceux qui ont permis la mise au point du microscope. Il reprend donc ces notions d’infiniment grand et d’infiniment petit, mais dans une vision globale destinée à appuyer la thèse centrale de son œuvre : grandeur et misère de l’homme dansDieu. De quelle manière Pascal met-il en valeur ces notions caractéristiques du monde baroque ?


I La représentation vertigineuse de l’infiniment petit
1) La volonté de faire voir
Au-delà de la seule volonté de convaincre (Vocabulaire de la réflexion et de la raison : « conceptions » (l.26) ; « concevoir », l.29), c’est surtout l’imagination du lecteur que Pascal sollicite : il veut rendrevisible l’infiniment petit, ce qui constitue bien sûr un véritable paradoxe : « voir, l.29 ; «peindre l’univers visible » l.30 ; « qu’il y voie », l.30. De la même manière, il multiplie l’emploi des adjectifs démonstratifs, comme pour montrer concrètement au lecteur la réalité de l’infiniment petit ; «ce sang », « ces humeurs« , « ces gouttes », l.24 ; « ce raccourci d’atome » l.30 ; « cette terre »,l.32.
2) Le recours aux images
Dès lors, Pascal recourt à des images : ainsi du ciron décrit comme un être humain : une longue phrase décompose l’animal en parties de plus en plus petites. L’ensemble est une suite d’épanadiploses (Définition : « lorsque de deux propositions corrélatives, l’une commence et l’autre finit par le même mot).
« des jambes avec des jointures »
« des veines dansses jambes »
« du sang dans ses veines »
« des humeurs dans ce sang »
« des gouttes dans ces humeurs »
« des vapeurs dans ces gouttes »
L’aboutissement de cette décomposition « le dernier objet où il peut arriver », « l’extrême petitesse de la nature » amène une nouvelle image, celle d’un univers à part entière, dont les éléments vont à nouveau être décomposés en allant vers le plus petit. Cettenouvelle évocation se fonde sur une antithèse violente :
« l’extrême petitesse de la nature » devient « l’immensité qu’on peut concevoir de la nature » , « ce raccourci d’atome » devient « une infinité d’univers ». La gradation est bien sûr descendante : « firmament », « planètes », «terre », « animaux », « cirons ». L’utilisation des pluriels alors qu’on envisage des éléments très petits accentuele vertige qui naît de cette décomposition infinie.
3) L’importance du mouvement
Il s’agit bien de suggérer le tourbillon, la spirale vers le bas, et par là de faire naître le vertige chez le lecteur. Ainsi les expressions « sans fin et sans repos », l.34 « un abime nouveau », l.28, disent clairement ce mouvement de chute incessante, tandis que la longueur des phrases le mime nettement.
De trèsnombreuses répétitions (outre les épanadiploses dont on a déjà parlé) concourent à donner l’illusion du mouvement : ainsi le terme « petitesse» est employé 3 fois (l.21, 27,35) et l’adjectif « petits » se retrouve à la ligne 22.
De même, la fréquence des hyperboles appuie cette impression de vertige :
« les choses les plus délicates » (superlatif)
« incomparablement plus petites » (adverbelourdement insistant)
« raccourci d’atome » (atome, originellement la plus petite partie de la matière)
« une infinité d’univers » (redoublement de deux infinis).
II La place de l’homme
Mais cette évocation de l’infiniment petit n’a de sens que par rapport à l’homme, car loin de s’extasier sur les merveilles découvertes, Pascal ne les envisage que dans la mesure où elles conduisent à réfléchir...
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