Conseil National de la Resistance

Pages: 7 (1690 mots) Publié le: 8 janvier 2014
 « Mesures à appliquer dès la Libération du territoire »
 
 
C’est dans cette continuité historique propre à la France que s’inscrit la Résistance. La France n’existe que par le peuple. Le peuple n’existe que par le combat incessant envers la tyrannie. A la hauteur du désastre de 1940 devait répondre l’édification d’un redressement sans précédent, afin que plus jamais une telle chose puissese reproduire. Dans sa seconde partie, la Résistance entend ainsi prendre des mesures radicales.
 
Ces mesures doivent être prises « afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle. » Dès le début, leprogramme marque une volonté claire de redressement de la nation française. Elle marque clairement que la Résistance intérieure et extérieure ne fait qu’une. Elle marque sa volonté de n’accepter aucune autre sujétion. Plus qu’un programme, c’est aussi une vision du monde qui est offerte ici.
 
Vient ensuite une longue liste des mesures « à appliquer dès la Libération du territoire ». Elles sont detrois natures différentes, et leur ordre d’énonciation suit là aussi l’ordre dans laquelle elles doivent être prises. Le premier « bloc » de mesures édictées vise à punir tous ceux qui ont profité de l’Occupation, à démanteler tous leurs bénéfices et acquis : « châtiment » et « éviction » des « traîtres », « confiscation » de leurs biens ainsi que ceux « des trafiquants de marché noir », « impôtprogressif sur les bénéfices de guerre ».
 
Le deuxième « bloc » de ces mesures vise à rétablir les libertés civiles et politiques conquises sous la IIIe République et que le régime de Vichy et l’occupant ont supprimées et violées pendant ces quatre ans. Le programme garantit ainsi le « rétablissement du suffrage universel », mais aussi la « liberté de pensée, de conscience et d’expression », la« liberté de la presse(…) et [de] son indépendance »,  la « liberté d’association, de réunion et de manifestation », de « l’inviolabilité du domicile », du « respect de la personne humaine » et enfin de « l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ».
 
Mais ces mesures, si elles ont une place ô! combien importantes aux yeux des résistants à l’heure même où la répression de l’occupantest en mars 1944 des plus terribles et des plus barbares, ne serait qu’un « simple » retour à la IIIe République, régime dont les fondements n’ont pas été assez solides pour résister à la défaite militaire, dernier couplet d’une crise existentielle qui avait démarré avec une autre crise, la fameuse crise économique mondiale des années 30.
 
Les politiques libérales traditionnelles du régimeavaient montré à l’époque toute leur inefficacité à y faire face. Le Front Populaire – celui de 1936, celui de la grande grève - avait voulu être une alternative et une réponse à la crise. Mais cette voie sociale et volontariste avait été jugée trop « révolutionnaire », trop induit de « bolchévisme » pour des politiques trop attachés à un modérantisme si caractéristique de la IIIe République depuis aumoins deux décennies. C’était aussi l’avis du grand patronat et d’une grande partie de la population. Pendant ce temps, la crise économique, sociale, politique et morale mina sans répit le pays. Le système qui n’avait pas voulu se remettre un tant soit peu en cause, à évoluer, en paya cher le prix en 1940.
 
Pour la Résistance, l’écroulement de la IIIe République devait servir de leçon. Plusjamais la République ne devait sombrer dans la suffisance. L’heure était, tout en conservant ses principes, à un renouvellement majeur du modèle républicain. Il fallait renforcer les bases de la République pour que plus jamais elle ne s’écroula, en lui donnant un véritable sens.
 
Le troisième « bloc » de mesures visait ainsi à « promouvoir les réformes indispensables », visant à l’instauration...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Vous pouvez également trouver ces documents utiles

  • Conseil national des barreaux
  • Conseil national du tourisme
  • Enjeux d'un conseil national
  • Concours national de la résistance et de la déportation 2011
  • Concours national de la résistance et de la déportation 2012-2013
  • Discours concours national de la résistance et de la déportation 2009
  • Article de l'ordre national des médecins conseil national de l'ordre de dr isabelle bohl
  • Du voyage d’études de la présidente du conseil national de la communication de guinée

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !