Dissertation : pensez-vous que le théâtre soit « le lieu de la plus grande liberté, de l’imagination la plus folle ? » eugène ionesco, notes et contre-notes.

Pages: 10 (2397 mots) Publié le: 27 mai 2013
Le théâtre est un lieu de divertissement où les rires cohabitent avec les intrigues souvent très palpitantes. Depuis toujours la frontière entre la censure et l’approbation a été d’une subtilité à toute épreuve entre les auteurs et ceux qu’ils voulaient corriger, jouant sur les dates, les lieux et de multiples personnages à l’image du grand Molière qui a su corriger les mœurs de son époque et dela notre. Alors est-il véritablement possible d’affirmer, comme le fait Eugène Ionesco dans ses Notes et contre-notes que « le théâtre est le lieu de la plus grande liberté, de l’imagination la plus folle » ? Mais qu’elle est cette liberté et cette folle imagination et où doivent-elles s’arrêter ? Nous répondrons à ces questions en montrant que le théâtre est en effet un lieu de liberté où l’onpeut intelligemment laisser libre cours à son imagination. Cependant, par la suite nous mettrons en valeur les aspects qui font que celui-ci n’est pas si « libre » qu’on pourrait le penser. Puis nous conclurons en explicitant l’ambiguïté qui règne entre liberté et contrainte au théâtre.

I.
1)

Il est tout à fait possible d’affirmer que le théâtre jouit d’une importante liberté et que chacundes auteurs qui se sont lancé dans l’écriture théâtrale ont pu laisser cours à leur imagination. On peut par ailleurs percevoir cette liberté à travers plusieurs « propriétés » du théâtre. D’abord, on peut dire que le théâtre bénéficie d’une liberté conséquente avec la possibilité qu’ont eu et qu’ont toujours les auteurs d’exprimer leurs opinions et de corriger les mœurs de leur époque. En effet,donner son avis et critiquer la société n’a pas été toujours aussi facile que maintenant et le théâtre fut dans le passé l’un des seuls procédés permettant de blâmer et de se faire entendre auprès de la société et de ses corrupteurs. Par exemple, à l’époque de Jean-baptiste Poquelin, plus connu sous le nom de Molière dont on ignore toujours l’origine), c’est-à-dire au XVIIe siècle, les comédiesétaient en parti faites pour corriger en faisant rire. On en tira d’ailleurs la célèbre citation « Castigat ridendo mores ». Ceci s’illustre parfaitement dans L’Ecole des Femmes où Molière tourne la bourgeoisie en ridicule pour montrer au public et au peuple que celle-ci est pathétiquement naïve, inutile et ne se soucie que de son futur titre. Cette possibilité qu’a l’auteur de faire passer sonmessage aux autres et en publique montre bien que Ionesco a dans un premier temps raison en affirmant que « le théâtre est le lieu de la plus grande liberté ».
2)
Outre la grande liberté que les auteurs ont pour s’exprimer, ils ont en plus la possibilité de mettre toute la fantaisie et l’imagination qu’ils ont en eux sur le papier. Effectivement, le théâtre est un lieu où l’on peut laisser sonimagination prendre le dessus sur la raison ce qui un fois de plus donne raison aux propos tenus par Ionesco lorsqu’il dit que « le théâtre est le lieu de […] l’imagination la plus folle. ». On peut d’ailleurs témoigner de cela en citant les Deus ex machina. En effet, ce procédé qui se traduit littéralement par « Dieu sort de la machine » est un mécanisme permettant le dénouement d’une pièce à l’aided’une intervention divine. Par exemple, dans Hypsipyle d’Euripide, auteur tragique grec, Dyonisos, dieu de la vigne et de l’ivresse, vient régler définitivement le sort d’Hypsipyle qui recouvre alors sa liberté et part avec Thoas le jeune dans la quête du bonheur. Faire intervenir un dieu pour mettre fin à une pièce nous montre bien que l’imagination, même la plus folle a une part importante authéâtre.

3)
Il existe toutefois un autre aspect du théâtre qui traduit la liberté et l’imagination que l’on peut y avoir. Il s’agit d’un point un peu plus subtil mais qui reste assez important. Effectivement, nous allons ici parler de la complexité des personnages qui mène inévitablement une multiplicité d’interprétations de la part du lecteur comme du spectateur. En effet, plus un personnage...
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