Droit

4387 mots 18 pages
Islam et pouvoir séculier
Abdou Filali-Ansary

Certaines vérités élémentaires sont toujours bonnes à rappeler. Le propos s’en trouve souvent éclairé. Entre philosophie et religion il est une différence essentielle. La première est une démarche individuelle : même lorsqu’elle aboutit à former système ou doctrine, elle reste du domaine de la construction que fait chaque individu pour son propre compte. En religion par contre, il y a toujours une vérité donnée, acceptée d’avance et, mieux encore, héritée au niveau d’un groupe social. La vérité est un héritage : voilà en quoi réside la nature paradoxale de l’attitude religieuse. La vérité est, au surplus, un héritage collectif, qui unit des individus, en fait une communauté et définit pour eux une identité. Vérité et identité se trouvent ainsi liées, et leur lien s’étend dans la durée. C’est ce qui fait la permanence du groupe social ou de la communauté.

r, une vérité reçue en héritage doit être acquise à nouveau par chacun des héritiers. Cela constitue en général le but de l’éducation. C’est aussi l’objet du débat qui, à des intensités plus ou moins grandes, accompagne cette transmission d’héritage. Il y a donc, à chaque génération, réappropriation de l’héritage culturel, de la vérité ou des vérités de la religion. Dans les sociétés prémodernes, ce processus prenait la forme d’une transmission linéaire, spontanée. L’acceptation par les nouvelles générations des vérités héritées ne posait pas de problème majeur. Non seulement elle se déroulait en douce, mais elle paraissait aller de soi (la vérité religieuse étant absolue), et être indispensable à la survie du groupe en tant que tel. Toutefois, même dans ces contextes, les débats ne manquaient pas. Les questionnements, les «dérives» allaient parfois jusqu’à l’émergence d’hérésies signalant autant des craquements dans la communauté (donc émergence d’identités nouvelles, séparées) que des

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CONFLUENCES Méditerranée - N° 32 HIVER 1999-2000

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