Hunger Games I Hunger Games 2008

Pages: 420 (104773 mots) Publié le: 6 mai 2015
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Suzanne Collins

Hunger Games
Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Guillaume Fournier

POCKET

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À James Proimos

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Première partie
Les tributs

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À mon réveil, l’autre côté du lit est tout froid. Je tâtonne, je
cherche la chaleur de Prim, mais je n’attrape que la grosse toile
du matelas. Elle a dû faire un mauvais rêve et grimper dans le lit
de maman. Normal : c’est le jour de laMoisson. Je me redresse
sur un coude. Il y a suffisamment de lumière dans la chambre à
coucher pour que je les voie. Ma petite sœur Prim, pelotonnée
contre ma mère, leurs joues collées l’une à l’autre. Dans son
sommeil, maman paraît plus jeune, moins usée. Le visage de
Prim est frais comme la rosée, aussi adorable que la primevère
qui lui donne son nom. Ma mère aussi était très belle, autrefois.
Àce qu’on dit. Couché sur les genoux de Prim, protecteur, se
tient le chat le plus laid du monde. Il a le nez aplati, il lui
manque la moitié d’une oreille et ses yeux sont couleur de vieille
courge. Prim a insisté pour le baptiser Buttercup – Boutond’Or –, sous prétexte que son poil jaunâtre lui rappelait cette
fleur. Il me déteste. En tout cas, il ne me fait pas confiance.
Même si ça remonte àplusieurs années, je crois qu’il n’a pas
oublié que j’ai tenté de le noyer quand Prim l’a rapporté à la
maison. Un chaton famélique, au ventre ballonné, infesté de
puces. Je n’avais vraiment pas besoin d’une bouche de plus à
nourrir. Mais Prim a tellement supplié, pleuré, que j’ai dû céder.
Il n’a pas si mal grandi. Ma mère l’a débarrassé de sa vermine,
et c’est un excellent chasseur. Il lui arrivemême de nous faire
cadeau d’un rat. Parfois, quand je vide une prise, je jette les
entrailles à Buttercup. Il a cessé de cracher dans ma direction.
Des entrailles. Pas de crachats. C’est le grand amour. Je balance
mes jambes hors du lit et me glisse dans mes bottes de chasse.
Le cuir souple épouse la forme de mes pieds. J’enfile un
pantalon, une chemise, je fourre ma longue natte brune dans
unecasquette et j’attrape ma gibecière. Sur la table, sous un bol
en bois qui le protège des rats affamés et des chats, m’attend un
très joli petit fromage de chèvre, enveloppé dans des feuilles de
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basilic. C’est mon cadeau de la part de Prim pour le jour de la
Moisson. Je le range dans ma poche en me glissant dehors. À
cette heure de la matinée, notre quartier du district Douze,
surnommé la Veine,grouille généralement de mineurs en
chemin pour le travail. Des hommes et des femmes aux épaules
voûtées, aux phalanges gonflées, dont la plupart ont renoncé
depuis longtemps à gratter la poussière de charbon incrustée
sous leurs ongles ou dans les sillons de leurs visages. Mais,
aujourd’hui, les rues cendreuses sont désertes, les maisons
grises ont les volets clos. La Moisson ne commence pasavant
deux heures. Autant dormir jusque-là pour ceux qui le peuvent.
Notre maison se trouve presque à la limite de la Veine. Je n’ai
que quelques porches à passer pour atteindre le terrain vague
qu’on appelle le Pré. Un haut grillage surmonté de barbelés le
sépare de la forêt. Il encercle entièrement le district Douze. En
théorie, il est électrifié vingt-quatre heures sur vingt-quatre
pour éloigner lesprédateurs – les meutes de chiens sauvages,
les pumas solitaires, les ours – qui menaçaient nos rues,
autrefois. Mais, comme on peut s’estimer heureux quand on a
deux ou trois heures d’électricité dans la soirée, on le touche
généralement sans danger. Malgré ça, je prends toujours le
temps de m’assurer de l’absence de bourdonnement révélateur.
Pour l’instant, le grillage est plus silencieuxqu’une pierre.
Dissimulée par un buisson, je me couche sur le ventre et rampe
à travers une déchirure de soixante centimètres, que j’ai repérée
il y a des années. Il existe d’autres entailles dans le grillage, mais
celle-ci est la plus proche de chez nous, et c’est presque toujours
par là que je me faufile dans les bois. Une fois sous les arbres, je
récupère mon arc et mon carquois dans un tronc...
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