insularité de Mada

1658 mots 7 pages
Depuis le début du XIXe siècle, Madagascar a été internationalement reconnu en tant que royaume indépendant. Cet État monarchique merina, centré sur les hautes terres, a unifié une partie importante du territoire insulaire au cours du XIXe siècle par la conquête militaire. L’unification du pays fut achevée par la colonisation française. Depuis son indépendance en 1960, Madagascar apparaît comme un exemple d’État très stable en Afrique. Qui plus est, il constitue un cas de coïncidence apparente entre la construction politique et le fait national, si bien qu’on peut parler d’État-nation. L’article s’attache tout d’abord à une lecture géographique de la construction de la nation malgache : territoire, culture, identité nationale, symboles nationaux et emblèmes, ainsi que place de la capitale Tananarive. Toutefois, cet État souffre de profondes faiblesses, qui sont étudiées ensuite : grave crise politique en 2002 ayant failli conduire à la désintégration du pays, tensions interethniques, débats sur le statut de la capitale. Certaines de ces faiblesses s’expliquent de manière géographique, notamment en considérant Madagascar comme un « archipel » atomisé par les difficultés économiques. La notion d’État-nation malgache est ainsi relativisée et nuancée : il s’agit en partie d’une construction impérialiste interne menée par le groupe dominant des Merina. Enfin, l’article examine comment une intégration spatiale entre les différents territoires de l’île peut cependant contribuer à maintenir son unité (réseaux de transports, flux migratoires internes). Madagascar est ainsi dans une situation différente de certains pays d’Afrique : l’État-nation semble résister en dépit de faiblesses structurelles anciennes et de problèmes internes plus récents, essentiellement liés à la situation économique. Le cas de Madagascar permet de déjouer les discours afro-pessimistes : Madagascar ne constitue pas un exemple de Collapsed States en Afrique.
FONDEMENT GEOGRAPHIQUE HISTORIQUE DE

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