La chronique de castille

2346 mots 10 pages
Depuis Alphonse X et son entreprise[1] de réorganisation du mode d’élaboration de l’histoire, l’historiographie est placée sous l’autorité du roi. Le règne du roi savant est marqué par l’opposition constante, depuis les années 1260, d’une noblesse en désaccord avec le modèle d’une monarchie absolue imposée par le monarque et des mesures contraignantes. Dans ce contexte socio-politique, la mainmise sur l’historiographie constitue une stratégie générale d’ordonnancement politique du royaume et de son espace. L’Histoire doit servir les intérêts de la couronne. C’est dans cette optique qu’Alphonse X impose le modèle d’un récit en langue vernaculaire destiné à gagner l’adhésion d’un grand nombre de sujets.

La Chronique de Castille, composée sous le règne de Ferdinand IV, entre 1295 et 1312, s’instaure dans cette tradition historiographique alphonsine. Elle commence avec l’ascension de Ferdinand Ier à la royauté léonaise et s’achève à la mort d’Alphonse IX de León. Elle s’appuie sur le texte de l’Histoire d’Espagne qu’elle résume, mais s’en distingue par une approche plus romanesque des faits. L’Histoire est toujours placée sous la coupe royale et utilisée comme un outil de propagande qui doit renforcer le pouvoir royal. Cependant, la Chronique de Castille revêt un caractère original par le biais de certaines innovations ou modifications. A l’époque où est rédigée la Chronique, la Castille connaît une série de troubles politiques et de changements sociaux provoqués par des luttes endémiques de pouvoir. Un groupe social ascendant qu’on peut appeler aristocratie chevaleresque cherche à faire prévaloir sa place et son rôle auprès de la monarchie. Cette prétention est marquée au sein même du récit qui constitue une stratégie de revendication des élites urbaines ou de la petite et moyenne noblesse.

Le fragment du récit qui nous intéresse ici, commence lorsque Rodrigo Diaz entre à la cour royale à peine âgé de dix ans et se termine à la mort du monarque en 1065. Ce

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