La notion de li dans la pensée chinoise

Pages: 21 (5087 mots) Publié le: 3 juillet 2013
On doit souligner à mode d’introduction, avec Marcel Granet, deux difficultés à l’heure d’aborder l’étude de la langue chinoise :
« La langue chinoise ne paraît point organisé pour exprimer des concepts. Aux signes abstraits qui peuvent aider à spécifier les idées, elle préfère des symboles riches de suggestions pratiques ; au lieu d’une acception définie, ils possèdent une efficacitéindéterminée » [1].

Donc, il faut ne pas emprunter facilement des termes d’une autre langue pour traduire termes tel que celui du jen.
« Nous dépendons, pour la lecture des textes anciens, des commentaires dont toutes les œuvres ont été dotées »[2].

Il y a donc, des interprétations correctes, des gloses, qui oscillent entre la passion de polémique et celle de la conciliation.

C’est à cause de cesdeux difficultés que Marcel Granet n’a pas donné a son essaie sur la pensée chinoise la forme d’une histoire suivie des doctrines[3].

Cela serait bien de faire aussi une troisième remarque : « une doctrine chinoise doit être définie, non en tenant de déterminer les articulations d’un système dogmatique, mais en essayant de dégager une sorte de formule maîtresse ou de recette centrale ».C’est-à-dire, « aucune recette ne vaut, si elle ne paraît pas posséder tout ensemble une essence singulière et une vertu de panacée »[4].

C’est ainsi que nous pouvons déjà faire une première approche au terme du li. « Du souci constant des réciprocités équitables et du sens de la respectabilité qu’affine la pratique élégante de l’Etiquette (li), naît, quand il s’y ajoute encore des dispositions indulgenteset affectueuses, la vertu suprême, le jen, c’est-à-dire, un sentiment actif de la dignité humaine »[5]. C’est une vertu complète, dernière et totale.

D’autre côté, Marcel Granet remarque l’importance de Siun Tseu, qui a mis en avance le gouvernement par les rites. Selon Siun Tseu, pour qu’il ait société il faut que les hommes acquièrent la sagesse, « il faut qu’ils pratiquent le Yi (l’Équité).Ils ne le feraient point, livrés a leur seule nature. Ils s’y résolvent sous l’empire de ce corps de conventions que sont les Rites (Li) ». Parce que pour lui « la nature humaine est mauvaise ; ce qu’elle a de bon est artificiel (wei) » [6].

Pour Siun Tseu le mot Li, qui désigne tout principe d’ordre, s’oppose au mot tao. « Tao évoque l’idée du Pouvoir souverain, Li celle de l’administrationde la justice »[7]. Pour lui, la Raison (Li : Siun Tseu écrit avec respect : Ta Li), le Juge suprême, permet au Sage, quand il se l’incorpore, de connaître le Monde et de le gouverner »[8].

En tous cas, ce n’est pas si évident, parce que pour des autres penseurs chinois, au contraire que pour Siun Tseu, le mot Li est en liaison avec le mot Tao, et ils ne seraient pas des termes opposés, mais aucontraire, des mots qui désignent des pensées très proches.

C’est ainsi, et on peut comme ça conclure avec ce que nous avons pris de la pensée de Granet, qu’on peut faire attention au fait que[9] « dans l’idée de règle, on ne veut guère voir que l’idée de modèle. La notion chinoise de l’Ordre exclut, sous tous les aspects, l’idée de Loi ».

« L’idée qu’ils ont de l’ordre dérive d’unsentiment, sain et rustique, de la bonne entente. L’échec des Légistes, les succès conjugués des Taoïstes et des Confucéens le prouvent ». C’est un sentiment de passion d’autonomie, de compagnonnage, et d’amitié.

« La logique chinoise n’est point une logique rigide de la subordination, mais une souple logique de la hiérarchie : on a tenu à conserver à l’idée d’Ordre tout ce qu’avaient de concret lesimages et les émotions dont elle est sortie. Qu’on lui donne pour symbole le Tao et qu’on voie dans le Tao le principe de toute autonomie et de toute harmonie, qu’on lui donne pour symbole le Li et qu’on voie dans le Li le principe de toute hiérarchie ou répartition équitables, l’idée d’Ordre retient elle –très ramé, certes, et pourtant tout proche encore de son fond rustique, – le sentiment...
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