Le libertinage dans l'oeuvre de sade

Pages: 22 (5435 mots) Publié le: 11 avril 2012
LA PHILOSOPHIE ET LE LIBERTINAGE AU DIX-HUITIEME SIECLE

Le dix-huitième siècle était une époque de contrastes marqués: libertinage
et futilité, siècle des fêtes galantes ou siècle philosophique de l'Encyclopédie,
siècle réformiste ou réactionnaire. Le Siècle des Lumières est caractérisé par une
nouvelle vue globale et une réévaluation complète des valeurs si ardemment
prescrites dans lesiècle précédent. En même temps, les découvertes dans le
domaine des sciences ont incité des investigations de l’homme et de l’univers
entier en fonction de la physique et de la matière en mouvement et a entraîné de
nouvelles façons de penser et de regarder le monde. Une nouvelle sorte d’armée a
vu le jour pour combattre un établissement fixé sur des idées anciennes, non avec
des armestraditionnelles mais avec la plume. «…[L]es grands écrivains de cette
époque n’avaient pas éludé leurs responsabilités politiques : Montesquieu,
Voltaire, Diderot, Rousseau, chacun à leur manière, participèrent activement, et
sans honte, en tant qu’écrivains, aux combats philosophiques et politiques de leur
siècle » (Launay 9). Ces combattants littéraires étaient les Philosophes et leurs
idées ontjoué un rôle important dans le changement du climat d’opinion en
France et partout en Europe occidentale au dix-huitième siècle. Ces Philosophes
mettaient en question la validité des systèmes religieux, éthique et politique avec
la forte intention de les moderniser. Ils avaient pour but d’établir un nouvel ordre
et d’élever les normes de l’humanité. Ils rejetaient l’idéologie théologique
13impérieuse du dix-septième siècle qui avait une conception du monde «finaliste,
anthropocentriste où règne un Dieu rémunérateur et vengeur, créateur et
providentiel » (Charles-Daubert 45). La raison alors a pris la place de la grâce et
les Philosophes ont fait appel à tout homme raisonnable d’attaquer
véhémentement les convictions morales de la religion et les impositions de
conduite de l’Eglisequi les empêchaient de progresser. Pour l’homme du dixseptième
siècle, « …au lieu de perdre son temps à chercher les ‘causes’ il est
suffisant de s’en remettre à la sagesse de Dieu » (Clair 89). Les Philosophes du
dix-huitième siècle tâchaient d’établir de nouvelles définitions de la vérité qui se
basaient non sur la foi en Dieu mais sur les sciences et le sens commun et ont
entrepris decomprendre la nature d’un point de vue scientifique, s’ecartant de
toute explication surnaturelle de l’homme et du monde.
Bien que tous les Philosophes du dix-huitième siècle ne rejettent pas tout à
fait les conventions de la religion, la plupart renonçaient à l’idée chrétienne que le
mal est inhérent à l’homme et que celui-ci est intellectuellement faible. Ils
substituaient à cette idée celle del’homme qui est essentiellement bon tant qu’il
est guidé par la raison. Beaucoup s’adaptaient strictement aux lois de la nature et
à l’idée de liberté et sont devenus radicalement athées. Ceux qui croyaient encore
en Dieu n’ignoraient quand même pas la valeur de cette nouvelle raison et sa
capacité de gérer le monde et de faire avancer les connaissances de l’homme en
général. Leurs croyancesen Dieu et en la religion n’étaient pas une foi aveugle ni
le résultat d’un manque d’éducation ou de l’Eglise qui les opprimait et les
contrôlait; fait qu’ils reprochaient aux gens du dix-septième siècle. Plusieurs
14
Philosophes croyaient en Dieu, mais conformément au mouvement du jour,
étaient contre l’Eglise. La position de Montesquieu, reflétée dans la lettre XXIV
des Lettres Persanes(1721), représente aussi l’opinion de plusieurs autres
Philosophes « croyants » quant à des superstitions qui entourent la religion :
D’ailleurs ce roi est un grand magicien : […] Ce que je dis de ce
prince ne doit pas t’étonner : il y a un magicien plus fort que lui,
qui n’est pas moins maître de son esprit qu’il l’est lui-même de
celui des autres. Ce magicien s’appelle le pape : tantôt...
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