Le mal comme œuvre de l’homme : la profession de foi du vicaire savoyard

Pages: 86 (21347 mots) Publié le: 9 février 2011
Le mal comme œuvre de l’homme : La Profession de foi du vicaire savoyard
I) Une vie marquée par l’expérience du mal (1712-1778)
(Notice biographique orientée dans la direction du thème – sources diverses,
notamment Les Confessions, la notice de la Pléiade, le Découvertes Gallimard consacré à
Rousseau, le hors série du Nouvel Observateur paru au cours de l’été 2010)
1) Les années de jeunesse(1712-1745)
a) Les années auprès du père (1712-1721)
Rousseau naît le 28 juin 1712 à Genève. Son père, Isaac, est un horloger sans fortune
mais doué. Sa mère, fille d’un ministre protestant, Suzanne Bernard, meurt des suites de
l’accouchement le 7 juillet. Le père de Rousseau a été nommé horloger du sérail de
Constantinople. Pendant son absence, sa mère se languit sans remettre en cause savertu, et
supplie son mari de revenir : « Je fus le triste fruit de ce retour. Dix mois après, je naquis
infirme et malade ; je coûtai la vie à ma mère, et ma naissance fut le premier de mes
malheurs. » On voit ici s’articuler une expérience inaugurale de souffrance physique (la
faiblesse de la constitution) et morale (l’absence de mère), et de culpabilité.
Rousseau fait l’apprentissage de lalecture (Bossuet, Plutarque et sa Vie des hommes
illustres, source essentielle d’exemples vertueux, mais aussi Ovide, Fontenelle, Molière). La
lecture devient une passion frénétique chez lui. Il y trouve, et ce de manière définitive, « la
conscience de [lui-même] ».
Un frère nommé François, son aîné de sept ans, tourne mal, et disparaît définitivement
en 1722. Il est présenté comme unlibertin qui suscite la colère et les coups de son père.
Rousseau se décrie a contrario comme un enfant facile et peu porté au mal : « J’avais
les défauts de mon âge ; j’étais babillard, gourmand, quelquefois menteur. J’aurais volé des
fruits, des bonbons, de la mangeaille ; mais jamais je n’ai pris plaisir à faire du mal, du dégât,
à charger les autres, à tourmenter de pauvres animaux. » Le seulméfait qu’il avoue, en en
riant encore longtemps après, c’est d’avoir pissé dans la marmité d’une vieille voisine
grognon pendant qu’elle est au prêche. Conclusion de Rousseau : « Comment serai-je devenu
méchant, quand je n’avais sous les yeux que des exemples de douceur, et autour de moi les
meilleurs gens du monde ? »
b) Les années d’apprentissage (1722-1728)
De 1722 à 1724, Rousseau va setrouver en pension chez le pasteur Lambercier, à
Bossey. En effet, à la suite d’une querelle malheureuse avec un membre du conseil, Isaac est
1obligé de quitter la ville. Il confie l’éducation de son fils à son beau-frère Gabriel Bernard,
lequel envoie Jean-Jacques avec son propre fils Abraham auprès de ce ministre, de manière à
ce qu’ils puissent y parfaire leur éducation. C’est là que se situel’épisode célèbre de la fessée
donnée par Mme Lambercier, qui fait surgir chez Rousseau une étrange sensualité, puis la
première expérience de l’injustice (voir le texte en annexe). On l’accuse à tort d’avoir cassé
un peigne ; niant fermement, il est renvoyé à Genève chez son oncle, ce qui l’oblige à quitter
un cadre champêtre où il avait trouvé un bonheur mémorable.
« Ce premier sentiment dela violence et de l’injustice est resté si profondément gravé
dans mon âme, que toutes les idées qui s’y rapportent me rendent ma première émotion, et ce
sentiment relatif à moi dans son origine, a pris une telle consistance en lui-même, et s’est
tellement détaché de tout intérêt personnel, que mon cœur s’enflamme au spectacle ou au récit
de toute action injuste, quel qu’en soit l’objet et enquelque lieu qu’elle se commette, comme
si l’effet en retombait sur moi. »
De 1725 à 1728, Rousseau va être placé en apprentissage, d’abord chez M. Masseron,
un greffier (il est renvoyé pour son ineptie), puis chez le graveur Ducommun. Ce maître
tyrannique lui rend son travail insupportable, et finit par lui donner des vices « tels que le
mensonge, la fainéantise et le vol ». Il contribue...
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