Le wolof

Pages: 20 (4887 mots) Publié le: 8 janvier 2015
La langue wolof
Loïc-Michel Perrin

1. Introduction
1.1 La langue wolof
Le wolof est principalement parlé au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie par
plus de 3 600 000 locuteurs. En plus d’être l’idiome de l’ethnie du même nom,
le wolof est la langue véhiculaire du Sénégal. Il appartient au groupe ouestatlantique, phylum nigéro-congolais (famille des langues congo-kordofan).halshs-00722685, version 1 -

1.2 Traits typologiques
La langue wolof compte 35 phonèmes1 et ne comporte pas de tons. C’est une
langue isolante (les mots ayant tendances à être invariables) et les diverses
fonctions syntaxiques occupées par les différents constituants linguistiques
(syntagmes nominaux complément ou sujet, syntagmes verbaux…) sont
déterminées par un ordre syntaxique strict :
Sujet +Verbe + Compl. destinataire + Compl. objet.
(1)

Mawdo

may

na

Maoudo

donner

3SG.PARF Doussouba

Dusuba

aw nag
une vache

Maoudo a donné une vache à Doussouba.
En outre, si un groupe complément fait l’objet d’une focalisation, alors ce
syntagme est obligatoirement placé en tête de proposition2.
(2)

Dusuba

la

Mawdo

may

Doussouba

3SG.EC

Maoudo

donnerune vache

aw nag

C’est à Doussouba que Maoudo a offert une vache.
Selon leur type, les articles peuvent se placer avant et/ou après le nom qu’ils
déterminent (ex. 3) ; tandis que les syntagmes compléments du nom (qu’ils soient
nominaux ou verbaux) sont systématiquement placés après celui-ci (ex. 4).

1

Répartis en 18 consonnes (14 de ces consonnes présentent également une formegéminée), 2
semi-voyelles et 15 voyelles (dont 8 brèves et 7 longues).
2
Cette opération de focalisation est en plus marquée par l’usage d’une conjugaison particulière,
l’emphatique du complément.

2

(3)

La qualification dans les langues africaines

-ab xale ‘un enfant’
-xale bi ‘l’enfant’
-bii xale / xale bii ‘cet enfant’

(4)

-xale réew mi ‘un enfant du pays’
-xale bu tuuti ‘unpetit enfant’
(lit. ‘un enfant qui est petit’)

Les classificateurs du wolof remplissent les rôles de déterminant nominal (ex.
3) mais servent également de pronom relatif (ex. 4, voir aussi en 2.8). En l’état
actuel du système, il est difficile d’établir des règles formelles d’appartenance
d’un nom à une classe donnée ; au plus, on observe quelques récurrences
sémantiques tendanciellesmême il est possible de dégager quelques
constantes3. On distingue ainsi dix classificateurs :
- huit pour le singulier : -b-, -g-, -k-, -m-, -s-, -m- et j- deux pour le pluriel : -y- et ñA partir de ces morphèmes-classificateurs, le wolof forme deux séries d’articles
réparties selon l’opposition indéfini (par préfixation du morphème a- au
classificateur) versus défini (par suffixation desmorphèmes spatiaux -i pour la
proximité et -a pour l’éloignement).

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1.3 Les parties du discours
Les noms
Les noms du wolof, qu’ils fonctionnent comme sujet ou comme complément,
ne comportent aucune marque de genre et ce sont les classificateurs qui les
accompagnent qui permettent de stipuler le nombre. La relation entre un nom et
son complément nominal est assuméepar les connecteurs -u (si le nom
déterminé est au singulier / ex. 5) et -i (si le nom déterminé est au pluriel / ex.
6) suffixés au nom déterminé4. Il est d’ailleurs possible d’utiliser ce type de
construction pour qualifier un nom, mais uniquement si le nom déterminant
renvoie une notion qualitative qui ne connaît pas d’équivalent verbal ou
idéophonique (ex. 6)
(5)

fas-u

géej

(6)kër-i

ban

cheval-GEN mer

maison-GEN banco

cheval de mer (hippocampe)

des maisons en banco

Les verbes et le système verbal
En ce qui concerne les verbes du wolof, il convient de distinguer trois types de
procès (Robert, 1991 : 302-308) : les procès compacts (auxquels renvoient les

3

Comme le fait que les classificateurs k- (sing.) / ñ- (plur.) se rapportent à des...
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