Les bienveillantes de jonathan littell – conte moral, perversion philosophique.

Pages: 6 (1441 mots) Publié le: 6 mars 2011
Les Bienveillantes de Jonathan Littell – Conte moral, perversion philosophique.

Sade est de retour à la rentrée de 2006 en son avatar littellien. Jonathan Littell, avec son choc romanesque, le faire surgir de son oubli d’outre-tombe. Il déchaine ainsi, les forces provocatrices de la littérature. Jonathan polémique Littell remporte ensuite tous les plus grands honneurs littéraires enFrance: Goncourt et le prix de l’Académie française. Ce roman allégorique- capable d’éveiller l’ironie d’une manière inacceptable par le biais de massacre- est aussi reprochable du point de vue historique. Il n’est pas une histoire qu’on n’a pas mise en question et pourtant ce questionnement, à propos de l’authenticité historique, réapparaît chaque fois qu’on voit la parution d’une fiction importante.Dans cet article je m’intéresse au développement de l’ironie et la dialectique du langage vis-à-vis la perspective de Littell sur la Shoah. Littell, grand admirateur de Genet ne refuse pas comme son maitre philosophique la perversion des mœurs. Il aborde le mal au lecteur, le débat entre le mal et le bien n’est essentiellement pas valable pour lui, il ne fut pas non plus pour Genet. Commentdonc rester véridique devant une fatalité dite histoire surtout quand on est en train de produire une fiction. L’histoire est assez souvent du côté du bien ou elle devient au fur et à mesure en jugeant le mal.

Ecrire donc une fiction qui aborde le mal pose déjà des limitations, celles du langage et de la réception de l’œuvre. Du point de vue du langage, le récit peut paraître vulgaire d’oùcette question gênante des mœurs. Quant à la réception de l’œuvre, le public s’étonne par les « jeux manipulateurs » et par l’histoire abordée dans une manière choquante qui heurte également à la mémoire des victimes. Nous trouvons la réponse de la dialectique de l’histoire « manipulée » dans la philosophie postmoderne. Il n’y a pas mal de temps quand nous confondions le postmodernisme avec lepoststructuralisme. Le dernier fut beaucoup plus prononcé que le premier dans plusieurs domaines, que ce soit philosophie, littérature ou même sociologie. Aujourd’hui, il n’est pas difficile de voir la distinction entre les deux surtouts dans le domaine de la littéraire. Tandis que le postmodernisme a beaucoup contribué à la forme actuelle du roman, le structuralisme est en train de perdre sa placeprivilégiée. On voit donc la mort du roman structuraliste accompagné de mélange de tous les genres qui ont précédé le structuralisme et le formalisme russe.

Afin de développer cet argument, il convient de s’appuyer sur le travail de Jean Bessières[1]. Il est d’opinion que les écrivains français, pour la plupart, vers la fin des années 70-80 ont eu recours au structuralisme afin de créer leur œuvrelittéraire. Cela permet au lecteur de voir celle-ci avec un nouveau regard, le forme de roman devint aussi important, voire plus, que le contenu même. Or, le postmodernisme qui succéda ce moment littéraire avait rendu une importance sans parallèle dans l’histoire au lecteur. Comme disait Barthes, lui-même structuraliste, que le lecteur est le lieu où rassemblent tous les textes. Ainsi le lecteurdevint non seulement une figure consommatrice mais également géographique. La position du texte vis-à-vis le lecteur est donc inévitable, l’auteur n’est donc pas le seul créateur du texte, il est juste un compagnon du lecteur.

Le postmodernisme a prolongé ce discours : la mort de l’auteur demeure une vérité avec la condition que l’on arrive bien à distinguer le texte non pas à cause de son lienavec son auteur mais à cause de son langage. Et si Céline fut antisémite et par conséquent écrivit Bagatelles pour un massacre, et si 60 ans plus tard Littell est inspiré de lui, ce n’est pas parce que ce dernier partage son opinion avec ce premier (au contraire). On voit plutôt une ressemblance dans l’esthétique de leur écriture. La question de la moralité est invisible chez tous les deux...
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