Louis-ferdinand céline – voyage au bout de la nuit – la guerre (p13 – 14) – 1932

Pages: 5 (1062 mots) Publié le: 25 décembre 2012
Introduction

C’est après avoir exposé à Arthur Ganate sa vision du monde (il nie le patriotisme, l’identité nationale et toute forme d’idéalisme) qu’il s’engage subitement dans l’armée, fasciné par l’allure du colonel.
Dans la guerre des tranchées, il va découvrir l’Homme dans toute sa vérité (expérience fondamentale mais surtout fondatrice de sa vie)

Problématique: Quelle est la visionde la guerre donnée par Céline?

I- Épopée inversée

Une épopée classique c’est un combat surhumain avec des combattants d’exceptions divisés en deux camps : les bons et les méchants : (Manichéisme : les forces du bien s’oppose à des forces maléfiques). Le dépassement de soi est très présent et l’héroïsme est valorisé

A) L’absurde de la guerre

Un point de vue interne de la guerre vécuecomme une absurdité.
Longues phrases nominales l. 15 à 23 : Enumération hétéroclite (très différentes tant sur le plan grammatical qu’au niveau du sens).
Effets sonores :
Antithèse : avec/sans casques l.15
Sons en « en » : « hurlant » et « sifflant » l.16, « creusant », « se défilant », « caracolant » l.17 …
Le tout donne des actions rapides. On est en présence d’une gradationrythmique (amplification au niveau syllabique).
On à l’impression que la guerre ne se terminera jamais : « cette imbécillité infernale pouvait continuer indéfiniment » l.8
Effet de masse : Les hommes sont innombrables « deux millions de fous » l.13 et s’entretuent sans logique : « meurtre en commun » l.32.
Contrairement à l’épopée classique, ici, on ne distingue plus les armées (l.5) → Le côté « perte deraison » illustre l’absurdité illogique. En effet, les belligérants sont comparés à des chiens enragés l.20-21. Les hommes accomplissent des actions totalement irrationnelles : « l’imbécillité infernale » l.8. Ce meurtre généralisé est tout sauf rationnel.
A partir de la ligne 33 on retrouve le côté psychanalytique (Céline a lu Freud) : Une force mystérieuse pousse les Hommes à agir d’unecertaines façon : l’inconscience oriente nos faits et gestes → Nous sommes l’objet de notre inconscience.

B) Un monde de violence

L’absurde et l’inconscience déterminent la violence.
Hyperboles qui sont écrites ici dans le but de rejeter le conflit alors que dans les épopées classiques elles sont présentes dans le but d’exalter le sentiment héroïque. (l.22 « cent, mille fois plus enragés quemille chiens et tellement plus vicieux » et l.14 « armés jusqu’aux cheveux »)
La violence des combats et la cruauté de l’Homme est soulignée avec les allitérations en « s » et en « r » l.18-20-21
Destruction généralisée, absolue « tout détruire » l.19.
Le général s’appelle des Entrayes (l.44) pour montrer son côté inhumain : c’est une machine.
Les combattants sont oppressés ensemble(comparaison avec le cabanon l.18-19) pour laisser cours au massacre → boucherie.

C) Renversement ironique de la guerre

Parallélisme avec Candide et l’épisode de la guerre qui débute le roman.
Dans l’épopée classique, il n’y a pas de sarcasme alors qu’ici, on est en présence de multiples antiphrases comme « les braves » l.4 (employé ici de façon peu laudative voire même carrément péjorativement),« nous étions jolis » l.23 (ils sont « sales » de la guerre), des oxymores « fous héroïques » l.14, « sale âme héroïque » l.30, « imbécillité infernale » l.8.
La « croisade apocalyptique » l.25 : la guerre 14-18 est décrite comme une expédition assimilé au fanatisme de la fin des temps. En bref, c’est l’enfer.

II- Le dépucelage du narrateur protagoniste

A) Le point de vue d’un antihéros

Lepersonnage nous fait part de son analyse sur la guerre.
La guerre est vécue par un antihéros qui à peur. La peur de Bardamu est d’ailleurs amplifiée par la solitude face à cette masse : « ma frousse (terme populaire) devint panique » l.7.
Devant cette peur, Bardamu revendique sa lâcheté en la glorifiant par le simple fait qu’il est humain l.12. Ce passage anticipe avec celui de Lola (Cf....
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