Montaigne livre i chapitre xxxi

Pages: 6 (1463 mots) Publié le: 13 juin 2012
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«  La poussière détruira la pourriture
On a toujours crié mon nom…Celle qui a commencé c’est ma mère. En suite c’est arrivé quand je sortais les poubelles ; des hurlements extatiques. C’est arrivé dans le noir. C’est arrivé étalé sur le trottoir. On a toujours crié mon nom pour rien, ou pour m’attirer des ennuis. Jamais vous ne connaitrez mon nom ; tel que je le connais, il nevoudra pas être mastiqué par vos sales bouches ni se perdre au vide dans lequel vous l’enverriez. Accompagné de milles particules baveuses qui implosent, s’évaporent et, les chanceuses méprisantes, vont se joindre à un petit love in de particules baveuses au dessus de vos têtes. Vos particules baveuses, elles, existent vraiment. Le malheur de nos matricules c’est d’exister sur un plan où laservitude est une grosse bonne femme infatigable, qui tourne, qui tourne, qui tourne...
Mon nom a peur de l’oubli en faite. Tous nos noms craignent le doigt d’honneur du vigile clownesque, imprévisible, qui attend derrière nos espérances holographiques. Mon nom, comme le tien, comprend la poussière dans sa procession vers notre chemin, chaque atome de poussière le guide, il les nomme, tous. Jusqu’às’oublier.

Par Jesse Braddock, un nom en voie de disparition ! »

La page translucide et spongieuse laisse voir le métal gris du lampadaire sur lequel je l’ai posé y à quelques heures. Un vagabond s’arrête pour l’observer, il est la seule sorte de personne qu’on peut trouver dans un Seignosse désertique de février, une espèce de surfeur zombi, drogué avec le fond de ses poches, rachitiqueau maximum, et surtout avec une démarche au ralentit, qui ignore le temps et les choses qui l’entoure. Sa doudoune grise est déchirée dans le bas du dos, quelques plumes s’enfuient de leur enveloppe en polyester, et flottent tranquillement. Sa barbe est légèrement rousse, comme passée à la pastelle, elle crée un léger brouillard orange là où elle se mouve. L’homme murmure, yeux soudés à lafeuille, les quelques lignes; hausse les épaules et s’enfuit vers la plage.
L’encre sur la page ne coulait pas, son noir stoïque était perceptible encore. Mais le papier scrutait dans ce ciel lunatique un nuage qui le désintégrerait, une bonne fois pour toute, de sa dernière larme. Il plu tout cet après midi, avec acharnement.
Le sable morne, délaissé de toutes empruntes, avait la couleur degâteaux secs qui sortent du four, douce et sucrée. Le sable, l’Océan, les oiseaux dans l’air, les poteaux électriques inutiles et bancales, l’œil du large (un voilier à la coque blanche), formaient une vision d’un immaculé incertain, complaisant. L’homme brouilla intimement cet ensemble esthétique que reprennent les plages isolées en perdant le rythme de la foule estivale violant toutes les choses,paisibles ou pas, qui les constituent essentiellement. Le vagabond se mit à fumer un joint qu’il consuma lentement et qui consomma son corps, en lambeaux de cotons, enfoncé pour l’éternité, il sembla, sur la dune. Ses lèvres livides ressemblaient à deux falaises de polystyrène qui s’opposaient, entre celles-ci le THC s’élevait lentement comme un totem fantomatique. Lorsqu’il ne restât plus que lefiltre ; un ticket de métro parisien, l’homme forma, avec des cordes vocales, j’imagine, achetés furtivement dans un marché noir tellement le son était étrange et synthétique, les paroles de Comic Strip de Gainsbourg. Il se leva à la fin de sa chansonnette malade et quitta la plage avec la même expression penaude et profondément poétique, qui allait me saisir pendant ces journées misanthropes passait àSeignosse, que Michel Sarrazin dans le début d’On Achève Bien Les Chevaux. Mais à la différence de Sarrazin (idéalement), l’homme n’aurait jamais voulu quitté sa calme pauvreté pour suivre Fonda dans l’enfer de la survie. Le mot «ermite» se téléporta donc dans mon crâne et en fut expulsé, instantanément, car passer un peu de son existence à nommer la poussière pour oublier son nom, c’est...
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