Notre bonheur doit-il quelque chose à la chance ?

Pages: 18 (4365 mots) Publié le: 2 janvier 2011
Introduction
Tous les hommes veulent vivre heureux. Mais peu y parviennent. Notre bonheur doit-il donc quelque chose à la chance ? Il semble en effet dépendre de circonstances extérieures comme la fortune ou la santé, et pas seulement de nous-mêmes. Soumis aux aléas du temps, son rapport à la volonté n'est pas nécessaire, mais contingent : il ne suffit pas de vouloir être heureux pour l'être.Mais il n'en reste pas moins qu'il faut connaître des lois, savoir appliquer des règles et se plier à une discipline, si l'on veut réussir. La résolution d'un problème mathématique ou la réussite à un examen ne sont pas affaire de chance, mais de méthode et de travail, et il en va peut-être de même des difficultés pratiques, et non plus théoriques, que l'on rencontre dans la vie. Qu'en est-il doncdu bonheur ? Est-il le fruit du hasard, de la chance et de la bonne fortune qui le mettent du même coup à la merci des circonstances et des aléas de la vie ? ou bien est-il le résultat d'une activité méthodique et réglée, d'un mode de vie qui n'est pas sans raison, et qui doit tout à cette faculté plutôt qu'au hasard ? Comment faire pour vivre heureux ? Cela se mérite-il ? Cela dépend-il de nous ?Que pouvons-nous espérer ?
I. Le bonheur ne doit rien à la chance
Selon Épictète, le bonheur ne doit rien à la chance. Il est le résultat d'une vie conforme à la raison et réside dans l'absence de trouble : c'est l'ataraxie, ou tranquillité de l'âme, que produit l'accord de la pensée et de la vie qui nous soustrait aux passions en nous mettant à l'abri des aléas du monde. En ce sens, il nedépend que de nous de vivre heureux ou malheureux, parce qu'il ne dépend aussi que de nous de bien ou mal raisonner.
1. Certaines choses dépendent de nous
Le principe fondamental de la philosophie stoïcienne, dont Épictète est l'un des plus illustres représentants, consiste en effet à affirmer que le monde est divisé en deux : d'une part, il y a ce qui dépend de nous et, d'autre part, ce qui n'endépend pas. Seul dépend de nous l'usage que nous faisons de nos représentations, c'est-à-dire notre raison et notre volonté qui nous permettent de les utiliser, puis par extension les opinions, les jugements et les raisonnements qu'elles produisent. Tout le reste – c'est-à-dire ces représentations ou impressions sensibles et les objets qui les produisent – n'en dépend pas. Alors que nos idées, opinionsou jugements n'existent qu'en nous et sont nos produits, les choses et le monde existent en dehors et indépendamment de nous. Si les premiers dépendent donc de nous et expriment ou reflètent notre être, les seconds, en revanche, en diffèrent par nature et lui sont étrangers.
2. Il ne faut pas placer le bien au hasard
Comment faire alors pour vivre heureux ? Où chercher le bien si l'on veut êtreheureux plus d'un instant ? On conçoit généralement le bonheur comme un état de bien-être, c'est-à-dire de satisfaction durable due à la possession du bien. La question est alors de savoir dans quelle catégorie d'objets chercher ce qui peut nous le procurer : parmi les choses qui dépendent de nous, ou parmi celles qui n'en dépendent pas ? Or il serait absurde, remarque Épictète, d'opter pour laseconde hypothèse. En effet, on ne peut pas vouloir être durablement heureux après avoir placé le bien parmi les choses qui ne dépendent pas de nous, car il se trouverait par là même soumis aux aléas du temps, aux contingences du monde extérieur. Rien ne garantirait alors la durée qui est censée faire partie de son concept et l'on ne pourrait espérer au mieux qu'un bonheur éphémère, à l'image del'objet sensible qui l'a produit. Il serait par suite incohérent et absurde de vouloir vivre heureux après avoir mis le bien dans les choses qui ne dépendent pas de nous : ce serait se tromper sur le moyen, après s'être donné là une fin. Ce serait une faute logique, une erreur de jugement, qui est d'ailleurs à l'origine de toutes nos passions, ajoute Épictète. En effet toutes dérivent de notre...
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