Nul n'est méchant volontairement

Pages: 9 (2119 mots) Publié le: 1 février 2011
Lorsqu’il agit, l’homme commet parfois des actes qui étonnent par leur méchanceté comme ces soldats d’Amérique latine qui fracassaient la tête des bébés indiens dans les villages qu’ils attaquaient au début des années 1980. Et pourtant, une vieille tradition dont témoigne une maxime selon laquelle « Nul n’est volontairement pervers » qu’Aristote cite pour la critiquer dans l’Éthique à Nicomaque,veut que la méchanceté ne soit pas volontaire.
Il faut comprendre par là que même si l’action dépend de l’individu, celui-ci ne peut vouloir le mal pour lui-même. En réalité, il agit pour ce qu’il croit être le bien, y compris lorsqu’il le confond avec son bien.
Toutefois, si une telle conception évite de penser que l’homme est une sorte de démon, elle conduit en apparence à innocenter laperversion ou méchanceté.
Dès lors, on peut se demander s’il y a un sens à penser que « Nul n’est volontairement pervers » ou bien s’il faut attribuer à l’homme la possibilité d’une volonté du mal.
On s’interrogera d’abord sur le devenir involontaire de la méchanceté comme source possible de la maxime, puis sur le manque de volonté comme source d’une perversion qui n’est pas volonté du mal etenfin sur la possibilité de déterminer le moment où il serait possible que la volonté perverse puisse se manifester.
On s’appuiera notamment sur la première partie de la « Profession de foi du vicaire savoyard » du livre IV de l’Émile ou de l’Éducation de Jean-Jacques Rousseau, sur Macbeth de Shakespeare et sur Les Âmes fortes de Giono.

La perversité ou méchanceté peut devenir involontaire.C’est finalement ce que le Philosophe soutient. Dès lors, ce n’est pas au départ que l’homme n’agit pas mal involontairement, c’est lorsque la méchanceté est devenue en lui une disposition.
On voit bien par exemple que Macbeth devient une sorte de mécanique à tuer une fois qu’il a commencé par le roi Duncan et qu’il s’endurcit lorsqu’il ordonne le massacre de toute la famille Macduff. Le récit de cedernier à Malcolm donne l’impression que l’Écosse est en proie à de très nombreux massacres (acte IV, scène 3, v.3-8). Mais Macbeth a bien choisi de tuer Duncan. Pour le prouver, le dramaturge le montre hésitant face à la résolution de sa femme par exemple à la scène 7 de l’acte I. Le vicaire dans un passage autobiographique indique que les mauvaises habitudes qu’il a contractées sont commeincrustées en lui sous forme d’illusions qu’il ne peut totalement dissiper (pp.94-95). Preuve donc que la méchanceté une fois ancrée, devient involontaire, au moins comme intention mauvaise. Aussi l’individu peut-il croire que ses motivations elles-mêmes ne sont pas voulues puisqu’elles lui apparaissent dans le sillage de ses mauvaises habitudes. Thérèse relate l’égoïsme foncier du docteur dont lapassion résidait dans les cartes et qui était capable de tout lorsqu’il perdait. Aussi l’affuble-t-elle du qualificatif de « roi des mouches » (p.286) dont on sait par ailleurs que c’est un titre qui est à l’origine du terme Belzébuth qui est un des noms du diable ou de Satan.
La preuve du caractère volontaire des actes méchants ou pervers à l’origine se situe dans le repentir ou remords. Ainsi, lesieur de Cawdor, qui au témoignage de Malcolm, à la scène 4 de l’acte I, s’est exprimé en ce sens avant d’être exécuté. Le moment montre en quoi il le fait de façon désintéressée et sincère. Il s’accuse donc d’avoir agir volontairement. Rousseau dénonce en l’homme l’auteur du mal. Mais cet homme n’est plus l’homme primitif (p.76). C’est l’homme qui abuse de ses facultés (p.75). De même, on voittour à tour Thérèse selon son récit ou Firmin selon le dernier récit de la narratrice que Giono, dans ses carnets de préparation, nomme « le Contre » (cf. Giono, Œuvres romanesques complètes, tome V, notice de Robert Ricatte, Gallimard, « La Pléiade », 1980, p.1008) échafauder le plan de se tuer l’un l’autre. C’est bien une preuve de leur volonté de faire le mal.
Néanmoins, que l’action soit...
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